AVEC OU SANS CHUTE?

Pour essayer de comprendre l’état ou la condition générale de l’homme, celle dans laquelle il se débat de tous temps, il n’y a que deux véritables options : soit il a été créé bon au départ mais il est déchu de cet état de perfection par une chute qui a atteint toutes les parties, toutes les dimensions de son être et de l’existence en général.  Mais son créateur a la volonté et le pouvoir de le restaurer dans son état de perfection initiale.  Soit, au contraire, sa condition depuis l’origine est d’être naturellement soumis à ses instincts, même les plus vils et les plus destructeurs, et cela constitue le fond de son être.  Il n’y a donc rien à y changer.

La première explication, c’est celle de la Bible, du livre de la Genèse en particulier : si l’homme est rempli de toutes sortes de tendances mauvaises, c’est parce qu’il est conçu et naît dans le péché suite à la Chute du couple originel. Il est corrompu et cette corruption se manifeste par tout ce qui l’éloigne des normes divines contre lesquelles il se rebelle constamment.  Mais telle n’était pas sa condition au début de l’humanité. L’espérance d’un renouveau complet existe aussi, elle est ancrée dans la figure de l’homme nouveau, Jésus-Christ : il est le Fils de Dieu venu vivre sur terre une vie parfaite d’obéissance à son Père pour entraîner à sa suite une cohorte d’hommes et de femmes nouveaux, marqués par son exemple et habités par son Esprit. Dans l’autre cas, celui où l’on refuse de croire qu’il y a bien eu une Chute après la Création, on doit prendre comme point de départ la nature humaine avec ses fruits les plus pourris et les plus vicieux, et la considérer comme la seule norme pour sa vie. On ne trouve alors plus aucune raison de considérer ces fruits pourris comme moralement indéfendables, puisqu’on les accepte comme parfaitement naturels.  D’ailleurs, les satanistes ne disent et ne pratiquent pas autre chose.

Ceux qui refusent d’aller aussi loin ne pourront jamais empêcher qu’à terme on en arrive à tous les excès, tous les dérèglements, car même si leur conscience leur parle intérieurement, ils ne pourront jamais amener une seule raison solidement valable pour contrer cette pente fatale: sur quelle base vraiment solide répondre à celui qui vous dit que la nature nous a doués de gènes égoïstes, d’instincts ravageurs, à la fois jouisseurs et vicieux, et le mieux qu’on puisse faire c’est de la suivre, puisqu’elle nous commande ainsi?  Vous pouvez toujours avancer l’argument selon lequel votre conscience qui s’oppose à ces instincts vous est aussi donnée par la nature, et donc vous vous devez de l’écouter.  Mais sur quel fondement allez-vous imposer les vues de votre conscience à celui qui les rejette totalement en se fondant sur sa propre idée de ce qui est naturel, et qui souhaite laisser libre cours à ses instincts les plus vils? Bien sûr la nécessaire vie en communauté met un certain frein à cette tendance funeste. Pourtant si la nature est notre seul point de départ, il n’existe aucun garde-fou accepté par tous, ou même par la majorité,  qui puisse nous empêcher  de glisser toujours davantage sur cette dangereuse pente.  C’est exactement ce que nous voyons à l’œuvre dans nos sociétés contemporaines prises entre le marteau et l’enclume de ce qu’elles croient  – à tort – être d’une part la nature, d’autre part leur liberté.

C’est bien sûr tout le problème du bien et du mal qui se pose, et de l’origine du mal en particulier.  En se mettant à l’écoute du Tentateur qui lui a fait croire qu’il pourrait devenir l’égal de Dieu, le premier couple humain a remplacé son Créateur par ce même Tentateur, il s’est placé dans son orbite et l’a intronisé comme son dieu naturel. L’humanité entière descendue de lui cueille jour après jour les fruits de cette malheureuse sujétion, à tous les niveaux de son existence, individuelle, familiale, communautaire, nationale ou internationale.  Mais cette sujétion n’est pas une fatalité.  Par la mort et la résurrection de Jésus-Christ la victoire sur  cet adversaire a été remportée, elle est visible dans la vie de tous ceux qui se mettent à son bénéfice, elle change non seulement des vies individuelles, mais celle de communautés entières.  Un tel changement ne peut cependant intervenir tant qu’on n’a pas reconnu la réalité de la Chute et de tous les effets qu’elle a entraînés à sa suite.  C’est justement ce que la Bible, dans ses tous premiers chapitres, nous révèle et nous invite à prendre en compte lorsque nous réfléchissons sur le sens profond de notre vie.

Eric Kayayan
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