LA NAISSANCE DE JÉSUS-CHRIST PRÉMICES DE LA NOUVELLE NAISSANCE DES CROYANTS

 Les données du Nouveau Testament

C’est un fait bien connu de tout chrétien qui dispose d’un Nouveau Testament et le lit régulièrement, que seuls les évangiles de Matthieu et de Luc retracent la naissance de Jésus-Christ, le Messie promis des siècles auparavant dans l’Ancien Testament (voir entre autres  Gen. 49:10; Deut. 18:15; Ps. 110, 132; Ésaïe 9, 11, 41-53, 61; Daniel 7:13; Michée 5; Zach. 9:9).  L’évangile selon Jean, lui, fait état dès le début de la Parole qui a été faite chair, ou, selon une autre traduction, du fait que Celui qui est la Parole (καὶ ο λόγος) est devenu homme (σαρξ ἐγένετο) et il a habité parmi nous (καί ἐσκήνωσεν ἐν ἡμῖν).

Conformément aux données des évangiles canoniques (Mat. 1:18-25, Luc 2:26-38) cette naissance de Jésus-Christ est confessée depuis le début par l’Eglise chrétienne comme une naissance virginale, c’est-à-dire que c’est par un acte divin spécial que Jésus a été conçu: non par un homme (en l’occurrence Joseph, fiancé à Marie) mais directement par le Saint Esprit de Dieu.  On pense souvent à tort que ceci doit être compris comme une condamnation implicite de l’acte sexuel entre un homme et une femme.  Comme si en soi cet acte représentait le péché – voire le péché originel – et qu’il serait donc impensable que le Fils de Dieu en fût le produit biologique.  Rien n’est plus faux et même plus opposé aux données bibliques les plus évidentes (l’union charnelle entre l’homme et la femme liés entre eux par un contrat d’alliance lors de la Création étant le fondement même de tout ordre social à travers les générations qui en résultent – voir les chapitres 1 et 2 du livre de la Genèse).

La naissance virginale du Christ, conçu du Saint Esprit mais porté et enfanté par sa mère humaine, Marie, signifie tout autre chose: c’est la filiation divine directe de Jésus-Christ qui est ici en question, filiation qui ne repose pas sur la volonté ou la planification d’un homme, et qui implique que Christ ne participe pas de la nature corrompue de l’humanité héritée du premier homme, Adam.  Raison pour laquelle il a pu accomplir le salut promis par Dieu à tous ceux qui croiraient en lui.  En effet ce salut ne pouvait dépendre, selon les termes de l’Alliance contractée entre Dieu et l’homme, que d’un acteur divin accomplissant dans une nature humaine un acte expiatoire parfaitement acceptable aux yeux de Dieu: acte  substitutif  effectué une fois pour toutes par un grand sacrificateur de nature divine sur une offrande de nature humaine. Les deux sont nécessairement unis dans la même personne afin de garantir les obligations de la partie contractante obligée, à savoir l’humanité en état de Chute, donc de rupture avec son Créateur. Cette humanité est en effet totalement incapable de fournir aussi bien un sacrificateur adéquat qu’une victime expiatoire sans tâche (Héb. 9:24-26).  La nature divine (conçu du Saint Esprit) s’est donc unie dans une même personne – celle de Jésus-Christ – à la nature humaine héritée de sa mère (né de la vierge Marie), sans cependant que ces deux natures distinctes soient mélangées ou opposées l’une à l’autre, pas plus que le sacrificateur ou l’objet sacrifié ne peuvent l’être. Cette distinction des deux natures mais sans séparation, sans mélange ni confusion, est ce qu’a reconnu et déclaré le concile de Chalcédoine en l’an 451 ap. J-C.

Qu’une telle naissance, rendue nécessaire par la finalité du sacrifice en question, soit donc un fait absolument unique, hors du commun, n’échappera à personne.  Il n’est même pas question de vouloir l’expliquer à l’aide de schémas intellectuels ou scientifiques applicables au reste de l’humanité.  Nous n’en prenons connaissance qu’à travers la Révélation divine, plus précisément dans la Bible, puisque seule cette Révélation met en lumière dès l’origine les termes de l’Alliance qui la rendra nécessaire.  Cela dit, même si une telle naissance miraculeuse échappe à nos schémas traditionnels de compréhension, il n’en demeure pas moins qu’une série d’enseignements s’en dégage, avec une logique spirituelle incontournable qui en valide la teneur et à laquelle on ne peut rester indifférent.  Certes, seuls les croyants voudront approfondir ce mystère, tandis que le reste de l’humanité s’en moquera allègrement, faisant les gorges chaudes de ces croyants qu’il considère comme bien trop crédules. Peu importe. Luc 10 :21-22 rapporte cet épisode du ministère de Jésus où la fausse sagesse de ceux qui se croient sages et intelligents est contrastée avec la sagesse spirituelle accordée aux tout petits qui eux ont compris et cru, car la Révélation leur en a été accordée par la foi: En ce moment même, Jésus tressaillit de joie par le Saint Esprit et dit: Je te loue, Père, Seigneur du ciel et de la terre, de ce que tu as caché ces choses aux sages et aux intelligents, et de ce que tu les a révélées aux enfants.  Oui, Père, parce que tel a été ton bienveillant dessein.  Poursuivons donc notre examen des données bibliques concernant la naissance virginale du Christ.

 

  1. « Plein de grâce et de vérité »

Comme indiqué plus haut, il semble au premier abord que l’évangile selon Jean ne mentionne pas cette naissance.  Là aussi, rien n’est moins vrai, pour peu qu’on s’attache à bien étudier le texte.  Reprenons le verset 14 du premier chapitre déjà cité: Celui qui est la Parole est devenu homme et il a vécu parmi nous.  Nous avons contemplé sa gloire, la gloire du Fils unique envoyé par son Père: plénitude de grâce et de vérité (πλήρης χάριτος καί ἀληθείας)Il est bien question ici du Fils unique de Dieu envoyé dans le monde par son Père, une assertion qui n’est faite à propos d’aucune autre créature et qui pointe en direction de cette naissance hors du commun.  Aucun autre être humain n’est qualifié dans la Bible de « plein de grâce et de vérité » ou encore de « Fils unique », la première expression étant indissociablement liée à la seconde puisqu’elle qualifie essentiellement la nature du Fils unique. En particulier Marie, la mère de Jésus, n’est nulle part dite « pleine de grâce et de vérité »: les paroles de Gabriel à son égard en Luc 1:28-30 expriment seulement qu’une grâce lui a été faite, ensuite qu’elle a trouvé grâce auprès de Dieu, et n’a donc pas à craindre.  Tout comme au cours du passé le Seigneur d’Israël affirme qu’il est avec Moïse (Exode 3:12) Gédéon (Juges 6:16), ou Jérémie (Jér. 1:8), il est avec Marie.  Il est avec elle tout comme il l’a été avec ces autres serviteurs initialement troublés ou craintifs au vu de la mission impossible  – humainement parlant – qui leur était confiée, et ce afin que son plan s’accomplisse à travers l’instrument qu’il s’est choisi (ce choix même étant évidemment une grâce qui leur est faite).  En Actes 7:46, David est lui aussi dit avoir trouvé grâce auprès de Dieu dans une expression très similaire à celle employée par l’ange Gabriel vis-à-vis de Marie (ὃς εὗρεν χάριν ένὠπιον τοῠ θεοῠ).  Dans la même veine on retrouve fréquemment dans les psaumes de l’Ancien Testament cette supplication adressée par le psalmiste à Dieu: « Fais-moi grâce » (4:1; 6:2; 9:14; 31:10 ; 41:5 etc.)

En contraste avec les descendants d’Adam qui ne peuvent qu’implorer la grâce divine (et l’obtenir en vertu même du fait qu’elle est accordée par le Dieu de Grâce à ceux qui la demandent dans la repentance et l’humilité) les fameux versets seize à dix-huit du chapitre trois de l’évangile selon Jean  réitèrent le caractère unique du Christ en tant que Médiateur et Rédempteur : il réconcilie et sauve par le don de sa personne effectué par le Père, et ne partage ni son autorité, ni son ministère avec une quelconque créature, tout en envoyant ses serviteurs proclamer son œuvre et sa personne – soit l’Évangile –: Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique afin que quiconque croit en lui ne périsse pas mais qu’il ait la vie éternelle. Dieu, en effet, n’a pas envoyé son Fils dans le monde pour juger le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui.  Celui qui croit en lui n’est pas jugé; mais celui qui ne croit pas est déjà jugé, parce qu’il n’a pas cru au nom du Fils unique de Dieu.

 

  1. En quoi la naissance virginale du Christ profite-t-elle aux croyants ?

Quel profit retire donc le croyant de la naissance unique du Christ? S’agit-il d’un article de foi étranger à son salut, un fait divin qui concerne Christ mais ne nous concernerait pas vraiment?  Certes non.  Ici l’Evangile de Jean nous donne toutes les clés pour comprendre la richesse de ce mystère pour notre vie.  Toujours au premier chapitre, à partir du verset onze, nous lisons: La Parole est venue chez les siens, et les siens  ne l’ont pas reçue; mais à tous ceux qui l’ont reçue, elle a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu, à ceux qui croient en son nom, et qui sont nés, non du sang, ni de la volonté de la chair ni de la volonté de l’homme mais de Dieu.  Nous avons clairement ici une identification entre Jésus-Christ qui a été conçu du Saint Esprit (donc non du sang, ni de la volonté de la chair ni de la volonté de l’homme mais de Dieu), et chaque homme ou femme, chaque enfant qui est régénéré par l’Esprit de Dieu. Christ lui donne le pouvoir de devenir enfant de Dieu par la vertu même de sa nature de Parole incarnée.  Par notre nature humaine nous sommes tous nés dans le péché, ayant hérité depuis le premier homme, Adam, de cette nature de péché, étant tous corrompus devant Dieu.  Mais lorsque que nous sommes greffés en Jésus-Christ, le second Adam, celui qui est venu restaurer l’humanité déchue, nous avons part à sa nature. Nous ne sommes alors plus seulement des créatures de Dieu, nées de la volonté de la chair ou de l’homme et qui ne subsistent que par sa Providence, des créatures en sursis destinées en dernier lieu à la mort spirituelle (… mais celui qui ne croit pas est déjà jugé, parce qu’il n’a pas cru au nom du Fils unique de Dieu).  A l’opposé, étant engendrés spirituellement de Dieu, greffés dans la vie de Christ et donc dans sa naissance virginale par le même Saint Esprit de qui il a été conçu, nous sommes destinés à vivre en communion parfaite avec lui et ce pour l’éternité.  Le nouvel Adam, conçu du Saint Esprit et né de la vierge Marie, donne en effet naissance à une nouvelle humanité, rendue conforme à sa nature par sa mort et sa résurrection.

Voilà donc où réside la valeur unique de la naissance virginale de Christ: elle a le pouvoir de nous conférer une nouvelle naissance, celle dont Jésus parle au chapitre trois de l’évangile selon Jean, lorsqu’il s’adresse à un interlocuteur du nom de Nicodème : Il y avait un homme qui s’appelait Nicodème; membre du parti des Pharisiens, c’était un chef des Juifs.  Il vint trouver Jésus de nuit et le salua en ces termes: Maître, nous savons que c’est Dieu qui t’a envoyé pour nous enseigner car personne ne saurait accomplir les signes miraculeux que tu fais si Dieu n’était pas avec lui.  Jésus lui répondit: Vraiment, je te l’assure: à moins de renaître d’en haut, personne ne peut voir le royaume de Dieu – Comment  un homme peut-il naître une fois vieux? s’exclama Nicodème.  Il ne peut tout de même pas retourner dans le ventre de sa mère pour renaître? – Vraiment je te l’assure, reprit Jésus, à moins de naître d’eau, c’est-à-dire d’Esprit, personne ne peut entrer dans le royaume de Dieu.  Ce qui naît d’une naissance naturelle, c’est la vie humaine naturelle.  Ce qui naît de l’Esprit est animé par l’Esprit.  Ne sois donc pas surpris si je t’ai dit: Il vous faut renaître d’en haut.  Le vent souffle où il veut, tu en entends le bruit, mais tu ne sais ni d’où il vient ni où il va.  Il en est ainsi pour quiconque est né de l’Esprit.  Tout juif et membre du parti très religieux des Pharisiens qu’il fût, Nicodème demeurait un descendant d’Adam, conçu et né dans le péché comme tout autre homme ou femme.  Il avait besoin d’être né de nouveau, d’Esprit, pour avoir accès à la vie éternelle.  Pourquoi alors Jésus parle-t-il « d’eau et d’Esprit »?  S’agirait-il de deux choses différentes?  Non pas.  Dans la Bible, le Saint Esprit est parfois associé au feu ou à l’eau, comme à des éléments qui purifient.  Une prophétie bien connue de l’Ancien Testament en faisait déjà état (Ezéchiel 36).  Dieu parle à son peuple exilé à cause de ses fautes.  Voici ce qu’Il lui promet: Je répandrai sur vous une eau pure, afin que vous deveniez purs, je vous purifierai de toutes vos souillures et de toutes vos idoles.  Je vous donnerai un coeur nouveau et je mettrai en vous un esprit nouveau, j’enlèverai de votre être votre coeur dur comme la pierre et je vous donnerai un coeur de chair.  Je mettrai en vous mon Esprit et je ferai de vous des gens qui vivent selon mes lois et qui obéissent à mes commandements pour les appliquer.

Tout ceci pointe bien sûr en direction du double signe du baptême : signe de la mort nécessaire de notre nature de péché avec Christ sur la Croix, et signe d’une nouvelle naissance en Jésus-Christ, avec sa résurrection au matin de Pâques (Rom 6:4).  Le baptême est d’abord le signe de l’ensevelissement de la vieille nature de péché dans et par la mort de Jésus-Christ sur la Croix.  Dès sa conception, cette nature de péché doit être entièrement crucifiée, noyée, engloutie dans la mort du Christ (cela même que dans l’Ancien Testament le signe de la circoncision signifiait de manière prophétique à tous les croyants depuis Abraham, exprimant l’attente de la circoncision totale de la nature humaine qui allait être accomplie par Jésus-Christ sur la Croix – le lien entre la signification prophétique de la circoncision et son accomplissement signifié par le baptême étant explicité par Paul en Colossiens 2:11-13, où il emploie même l’expression « circoncision du Christ »: ἐν τῇ περιτομῇ τοῦ Χρίστοῦ).  En même temps le baptême est aussi le signe de la nouvelle naissance en Jésus-Christ ressuscité, le signe de la purification accomplie et de la renaissance à la vie nouvelle.  Dans le signe du baptême se trouvent donc signifiés aussi bien la mort que la résurrection: mort nécessaire de la vieille nature corrompue, suivie de la naissance de l’homme nouveau, né de nouveau avec Jésus-Christ, né d’eau et d’Esprit.

Par là nous comprenons la signification de la naissance virginale du Christ, pleinement Dieu et pleinement homme, seul capable d’accomplir le salut d’une humanité déchue.  Au sein même de l’Eglise, beaucoup de « sages et d’intelligents » à leurs propres yeux, rejettent la vérité historique de cette naissance virginale  telle qu’elle est rapportée par les évangiles du Nouveau Testament, inventant toutes sortes de théories pour essayer d’expliquer que Jésus était soit un enfant illégitime, soit un enfant ayant perdu son père en bas âge.  Où encore en tâchant de faire accroire qu’il ne s’agit que d’élucubrations théologiques de communautés tardives de disciples en mal de formulations théologiques systématisées leur ayant permis de cristalliser, conserver et transmettre l’héritage spirituel d’un certain Jésus de Nazareth. En cela ils rejettent de facto le salut offert par Dieu, et déclarent tout bonnement qu’ils n’ont pas besoin d’une nouvelle naissance, ou bien qu’ils peuvent l’obtenir par eux-mêmes et non par le don gratuit de Dieu en Jésus-Christ.  Quelle folie!  Le salut de Dieu nous est offert en Christ et nous est présenté dans sa Parole vivante.  Acceptons-le donc avec joie et reconnaissance!

Eric Kayayan
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