L’ASCENSION, JUSTE UN JOUR FÉRIÉ?

L’ASCENSIONLa tradition « judéo-chrétienne » est toujours très appréciée en France lorsqu’elle donne lieu à des jours fériés, comme le jeudi de l’Ascension. Qui voudrait être un laïc intégriste dans ces conditions, surtout si l’on considère que le jour suivant étant par nécessité toujours un vendredi, cela permet de faire chaque année à même époque l’ascension d’un sympathique pont qui dure jusqu’au lundi matin ?…  Peut-être vaut-il la peine de se poser au moins une fois dans sa vie la question de savoir de quoi retourne cette Ascension qui nous vient du christianisme.  Cela ne vous prendra pas plus de trois minutes pour lire ces quelque lignes avant de finir de franchir le sacro-saint pont férié de l’Ascension.

Jésus aurait-il gravi une montagne avec ses disciples, et ceux-ci auraient-ils décidé de se remémorer cet événement chaque année par la suite ?  L’évangéliste Luc rapporte par deux fois le récit de la séparation intervenue entre Jésus et ses disciples après une période de quarante jours suivant sa mise à mort sur la Croix et sa résurrection des morts.  Cette période, marquée par plusieurs rencontres avec eux durant lesquelles il les enseigne sur les choses qui concernent le royaume de Dieu, se termine par la montée de Jésus vers le ciel.  Au début du livre des Actes des apôtres, Luc, qui est aussi l’auteur du troisième évangile dans le Nouveau Testament, rapporte la dernière conversation de Jésus avec ses disciples et poursuit: Après avoir dit cela, il fut élevé pendant qu’ils le regardaient, et une nuée le déroba à leurs yeux.  Et comme ils avaient les regards fixés vers le ciel pendant qu’il s’en allait, voici que deux hommes, en vêtements blancs, se présentèrent à eux et dirent : Hommes de Galilée, pourquoi vous arrêtez-vous à regarder au ciel ?  Ce Jésus, qui a été enlevé au ciel du milieu de vous, reviendra de la même manière dont vous l’avez vu aller au ciel.  Parvenus à ce point de notre lecture, nous comprenons que le récit de Luc sur le ministère terrestre de Jésus est terminé.  Ce qu’il est venu accomplir sur terre, il l’a accompli, il n’a plus de raison de poursuivre une carrière ou une existence ici-bas.  Mais cela ne signifie pas que sa vie ou son existence s’arrête, qu’il n’est plus qu’un souvenir, certes très vivace, dans la mémoire de ses disciples. En fait le récit de Luc ne donne à aucun moment à penser que l’Ascension de Jésus-Christ au ciel est une sorte de formule symbolique pour exprimer que son souvenir reste à jamais gravé dans leur mémoire, pour exprimer l’élévation de son enseignement en quelque sorte.  Luc a parlé sans ambigüité de la résurrection corporelle de Jésus, par exemple lorsqu’il a écrit un peu auparavant: C’est à eux aussi qu’avec plusieurs preuves, il se présenta vivant, après avoir souffert, et leur apparut pendant quarante jours en parlant de ce qui concerne le royaume de Dieu.  Il fait de même dans ce court récit de l’Ascension: il y a bien une séparation physique qui intervient entre Jésus et ses disciples, et ceux-ci fixent  le ciel, regardent vers le haut essayant de ne pas le perdre de vue alors qu’une nuée le cache à leurs yeux.  Sont-ils dépités? Anxieux peut-être?  Le texte ne le dit pas, mais les deux hommes en vêtements blancs qui se présentent à eux à ce moment même donnent une partie de la clé de cet événement unique : il vient d’y avoir un départ, il y aura de même un retour, en provenance de la même sphère. Il ne sert à rien de fixer indéfiniment les yeux vers le ciel, l’objectif et la tâche sont autres: suivre le dernier commandement donné par leur maître, retourner à Jérusalem et commencer à y parler publiquement de ce Jésus, qui n’est pas un prophète inspiré ayant mal terminé, comme la plupart le croient.  Jésus manifeste en fait par son Ascension cette nature divine  qu’il a toujours revendiquée – c’est d’ailleurs ce qui l’a conduit vers son supplice -.  Mais sa nature humaine ne disparaît pas pour autant, puisque c’est bien l’homme Jésus ressuscité que les disciples voient monter au ciel.  Son Ascension est le signe de sa royauté au-dessus de tous les royaumes terrestres, elle est le prélude à son retour comme Juge suprême de toute vie.  Cette période de l’histoire du monde entre son Ascension et son retour comme Juge et Roi est celle de la croissance visible de son Royaume par l’annonce de l’Évangile du salut en son nom à tous les peuples de la terre. Nul autre ne l’a sans doute mieux compris qu’un certain Saul de Tarse, qui fut d’abord lui-même un grand persécuteur des premières communautés chrétiennes.  Il écrivait bien plus tard à l’une d’entre elles, située dans la ville de Philippes, en Macédoine:  Ayez en vous la pensée qui était en Christ-Jésus, lui dont la condition était celle de Dieu, il n’a pas estimé comme une proie  à arracher d’être égal avec Dieu, mais il s’est dépouillé lui-même, en prenant la condition d’esclave, en devenant semblable aux hommes ; après s’être trouvé dans la situation d’un homme, il s’est humilié lui-même en devenant obéissant jusqu’à la mort, la mort sur la croix.  C’est pourquoi aussi Dieu l’a souverainement élevé et lui a donné le nom qui est au-dessus de tout nom, afin qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse dans les cieux, sur la terre et sous la terre, et que toute langue confesse que Jésus-Christ est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père.

Si vous saisissez la portée de ce message universel, le pont de l’Ascension que vous aimez peut-être traverser chaque année, ne sera vraiment pas d’une grande valeur comparé à la marche ascendante de votre vie spirituelle désormais ancrée dans la vie du Fils de Dieu.

Eric Kayayan
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