LE RESPECT DE LA PAROLE DONNÉE

Dans un monde où les engagements personnels et communautaires sont si facilement violés, où les accords internationaux sont dénoncés ou faussement interprétés pour donner la main libre aux visées des uns et des autres, où « les promesses des politiciens n’engagent que ceux qui y croient », où les déclarations faites la main sur le cœur cachent les doigts croisés derrière le dos, on peut se demander comment tout rapport social juste et équilibré est envisageable.  En fait, dans de telles conditions, on se demande comment un minimum d’ordre et d’harmonie entre les humains est encore possible.  Le fondement de la vie en commun, des échanges particuliers et collectifs ne repose-t-il pas en grande partie sur le respect de la parole donnée ?  Ou bien ce respect n’est-il qu’une apparence nécessaire afin de gagner la confiance de ses interlocuteurs ou de ses partenaires puis de mieux les dévorer le moment venu?

Ces questions méritent d’être posées non pas par rapport à un ou plusieurs incidents particuliers ou communautaires dont on aurait à se plaindre, mais de manière plus fondamentale.  Il est toujours facile et assez naturel de se présenter comme une victime et de se plaindre quand nous nous sentons trompés, mais ne nous plaignons-nous que pour passer de l’autre côté de la barrière quand cela nous arrange et sert nos intérêts immédiats ou à long terme?

Dans la Bible, la notion d’Alliance entre Dieu et sa Création, plus spécifiquement entre l’Éternel Dieu (Yahweh) et son peuple, repose sur le total et parfait engagement du Seigneur dont la Parole donnée est véridique et accomplit ce pour quoi elle est envoyée. Il n’y a aucune fraude, aucun mensonge en lui, et il attend qu’il en soit de même du côté de ses créatures.  Lorsqu’il dit à Adam, par rapport au commandement donné de ne pas manger du fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal : Le jour où tu en mangeras, tu mourras, cette parole s’accomplit lors de la transgression du commandement par le premier couple humain.  De même, lorsqu’il promet que malgré les morsures infligées au talon par le serpent, la descendance de la femme écrasera sa tête, cette promesse s’accomplit au moment de la venue du Sauveur promis au cours des siècles dans l’Ancien Testament : par son sacrifice volontairement consenti sur la Croix, Jésus-Christ met à mort la puissance  du Tentateur, qui est aussi le père du mensonge. Dans l’évangile selon Jean Jésus l’a qualifié comme tel devant ceux qui n’acceptaient pas sa filiation éternelle avec le Père céleste, et suivaient donc la voix du père du mensonge (Jean 8 :44-45): Vous avez pour père le diable, et vous voulez accomplir les désirs de votre père.  Il a été meurtrier dès le commencement et il ne s’est pas tenu dans la vérité, parce que la vérité n’est pas en lui.  Lorsqu’il profère le mensonge, ses paroles viennent de lui-même car il est menteur et le père du mensonge.  Et moi, parce que je dis la vérité, vous ne me croyez pas !

Bien sûr cette victoire du Christ sur la Croix demeure paradoxale puisque c’est par une mort expiatoire que le pouvoir mortifère du père du mensonge est anéanti. Paradoxale mais bien réelle pourtant ! Souvent elle semble être, aux yeux mêmes des croyants, aléatoire, fugitive ou reportée à plus tard, au vu des événements  et du torrent de mensonges qui font le lot quotidien de l’actualité.  En fait cette victoire est d’abord visible dans le comportement des croyants greffés en Christ par une vraie foi.  A ceux-ci, l’apôtre Paul, dans sa lettre aux chrétiens de Colosses (chapitre 3, versets 9 et 10) écrit : Ne mentez pas les uns aux autres, vous qui avez dépouillé la vieille nature avec ses pratiques et revêtu la nature nouvelle qui se renouvelle en vue d’une pleine connaissance selon l’image de celui qui l’a créée. Paul fait écho aux paroles de Jésus dans le sermon sur la montagne (évangile selon Matthieu, 5:37): Que votre parole soit oui, oui ; non, non ; ce qu’on y rajoute vient du malin.  Jésus, lui,  confirme et souligne la portée de deux commandements dans le Décalogue : le troisième (Tu ne prendras pas le nom de l’Éternel ton Dieu en vain ; car l’Éternel ne tiendra pas pour innocent celui qui prendra son nom en vain) et le neuvième (Tu ne porteras pas de faux témoignage contre ton prochain). Ni duplicité, ni mensonge, ni calculs malhonnêtes donc, aussi naïf que cela puisse paraître aux yeux de ceux qui s’en font une spécialité et en tirent même gloire.  Et peu importe s’ils sont majoritaires dans ce monde.  Pour la gouverne de ceux qui souhaitent le suivre, le Seigneur Jésus déclare dans le même sermon sur la montagne (5:21): Quiconque me dit : « Seigneur, Seigneur ! » n’entrera pas forcément dans le royaume des cieux, mais celui-là seul qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux. Là aussi un avertissement à prendre au sérieux, car il provient de celui qui a aussi déclaré : Les cieux et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront pas ! (Matthieu 24:35; Marc 13:31; Luc 21:33).

Eric Kayayan
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