LES SEPT PAROLES DU CHRIST SUR LA CROIX (2)

Poursuivons notre méditation sur les sept paroles du Christ sur la Croix.  Au chapitre dix-neuf de l’évangile selon Jean on lit ceci: Près de la croix de Jésus se tenaient sa mère, la soeur de sa mère, Marie, femme de Clopas, et Marie de Magdala.  En voyant sa mère et, à côté d’elle, le disciple qu’il aimait, Jésus dit à sa mère: Voici ton fils.  Puis il dit au disciple: voici ta mère.  A partir de ce moment-là, le disciple la prit chez lui.  St Augustin, le grand docteur et père de l’Eglise du cinquième siècle qui vivait en Afrique du nord, rappelle l’épisode des noces de Cana, au début du ministère de Jésus, lorsque sa mère, voyant que le vin manquait, avait fait signe à son fils pour qu’il intervienne.  Celui-ci lui avait répondu, assez brusquement: Femme, qu’y a-t-il entre toi et moi?  Mon heure n’est pas encore venue.  Dans son homélie, St Augustin écrit ceci: Il avait donc alors prédit cette heure qui n’était pas encore venue, lorsqu’il serait temps de la reconnaître comme mère au moment de mourir, en montrant qu’il était né comme un homme mortel.  Au moment des noces de Cana, alors qu’il était sur le point d’accomplir un acte divin, il l’a écartée comme quelqu’un qui lui était inconnu, elle, la mère non de sa divinité, mais de sa faible humanité.  Maintenant, au milieu de souffrances humaines, il reconnaît comme mère celle par laquelle il est devenu un être humain.  Auparavant, il avait montré sa toute-puissance, lui par qui Marie elle-même avait été créée; mais maintenant, voici crucifié celui à qui Marie avait donné naissance.

 L’évangile selon Matthieu rapporte le fait suivant et cette parole de Jésus-Christ au chapitre vingt-sept: A partir de midi, et jusqu’à trois heures de l’après-midi, le pays entier fut plongé dans l’obscurité.  Vers trois heures, Jésus cria d’une voix forte: « Eli Eli lama sabachtani?  Ce qui veut dire: Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné? »  En entendant ces paroles, certains de ceux qui étaient là s’exclamèrent: « Il appelle Elie! » Cette parole est la reprise textuelle du début du psaume vingt-deux, une prière de David qui est un appel au secours  au milieu de la persécution et de la détresse.  Rappelons-nous que ce psaume a été rédigé quelque dix siècles avant Jésus-Christ. En voici quelques versets qui évoquent prophétiquement la passion du Christ: Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné?  Tu restes loin de moi, tu ne viens pas me secourir malgré toutes mes plaintes.  Mon Dieu, le jour je t’appelle, mais tu ne réponds pas, la nuit je crie, sans trouver de repos.  Pourtant, tu es le Saint qui sièges sur ton trône, au milieu des louanges d’Israël.  En toi déjà nos pères se confiaient, oui ils comptaient sur toi et tu les délivrais, lorsqu’ils criaient à toi ils étaient délivrés, lorsqu’ils comptaient sur toi ils n’étaient pas déçus.  Mais moi je suis un ver, je ne suis plus un homme.  Tout le monde m’insulte, le peuple me méprise, ceux qui me voient se rient de moi.  Tous ils ricanent. On fait la moue en secouant la tête:  « Il se confie en l’Éternel?  Eh bien, que maintenant l’Éternel le délivre!  Puisqu’il trouve en lui son plaisir, qu’il le libère donc! »  En écho à ce psaume, voici ce que l’évangéliste Matthieu rapporte à propos de la crucifixion de Jésus: Ceux qui passaient par là lançaient des insultes en secouant la tête, et criaient: « Hé, toi qui démolis le Temple et qui le reconstruis en trois jours, sauve-toi toi-même.  Si tu es le Fils de Dieu, descends de la croix! »  De même, les chefs des prêtres se moquaient de lui, avec les spécialistes de la Loi et les responsables du peuple, en disant: « Dire qu’il a sauvé les autres, et qu’il est incapable de se sauver lui-même!  C’est donc ça, le roi d’Israël?  Qu’il descende donc de la croix, et nous croirons en lui!  Il a mis sa confiance en Dieu.  Eh bien, si Dieu trouve son plaisir en lui, qu’il le délivre!  N’a-t-il pas dit:  Je suis le Fils de Dieu? »

St Jean-Chrysostome, contemporain d’Augustin et patriarche de Constantinople, écrit dans une de ses homélies à propos de ce cri de Jésus “Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné?”: Il a ainsi parlé afin qu’ils puissent voir qu’il vivait encore, afin aussi qu’ils entendent que jusqu’à son dernier soupir il n’était pas un ennemi de Dieu.  C’est aussi la raison pour laquelle il a exprimé ce cri spécifique du prophète David, afin de témoigner lors de ses derniers moments de l’Ancien Testament.  Par là il a montré qu’il était en union d’esprit avec celui qui l’a engendré.”   Le catéchisme de Heidelberg, au dimanche quarante-quatre, pose la question suivante à propos de l’article de la confession de la foi qui concerne la descente aux enfers du Christ: Pourquoi est-il ajouté: il est descendu aux enfers? Voici la réponse du catéchisme: Afin que dans mes plus grandes tentations, je sois bien assuré que mon Seigneur Jésus-Christ, par son angoisse inexprimable, par les tourments et les terreurs dont son âme fut saisie sur la croix et auparavant, m’a délivré de l’angoisse et des peines de l’enfer. 

 

Eric Kayayan
MON DERNIER ARTICLE
QUE TON RÈGNE VIENNE
BATIR UN MONDE NOUVEAU
SAUVÉS PAR GRÂCE
Transhumanisme 1
LA CRISE IDENTITAIRE
AVEC OU SANS CHUTE?
LA FORCE DU MENSONGE
PRÉVENIR POUR SAUVER
TENDRE L’AUTRE JOUE
CRISE DE LA MORALITÉ
JÉSUS ET L’HISTOIRE
QUE TON REGNE VIENNE
ISRAEL ET LES NATIONS
DESTIN OU PROVIDENCE
UN MONDE EN DÉRIVE
AVEC OU SANS CHUTE?
L’HOMME NOUVEAU
JUGER OU NE PAS JUGER?
PRÊCHER L’ÉVANGILE
LE RETOUR DU CHRIST
LA FORCE DU MENSONGE
QUI FAUT-IL BLAMER?
LA FOI DE L’ATHÉE
Précédent
Suivant
  • Foi & Vie Réformées QUI SOMMES-NOUS
    Foi et Vie Réformées est une association Loi 1901, dont l’objet est le suivant: la promotion et la diffusion, en priorité en France et dans le monde francophone, de la foi...
    lire la suite
  • SUIVRE FOI & VIE RÉFORMÉES
    Recevoir par e-mail les dernières publications de Foi et Vie Réformées :

Nous utilisons des cookies sur notre site

En poursuivant la navigation sur ce site, vous acceptez l'installation des cookies destinées à la diffusion de podcasts, vidéos et autres messages pertinents au regard de vos centres d'intérêts.