LES SIGNES DES TEMPS (1)

Une brochure mise à la disposition du public dans ma gendarmerie locale est destinée à le mettre en garde contre toute forme de « radicalisation violente, enrôlement djihadiste » et l’invite à la vigilance : « Familles, amis, AGISSEZ SANS ATTENDRE ».  A l’intérieur du dépliant se trouve une section « Prévention et signes d’alerte ».  Parmi ceux-ci (en bas de la page) se trouve mentionné le signe suivant : Allusion à la fin des temps.  Il est précédé de la mention : Fréquentation de sites Internet et des réseaux sociaux à caractère radical ou extrémiste.  Cela ne m’empêche pas de partager avec vous sur ce site de Foi et Vie Réformées (qui n’est radical qu’au sens étymologique de ce mot, le latin radix signifiant racine, il s’agit donc en toutes circonstances de revenir à la racine des questions fondamentales) une série de réflexions sur le thème : Les signes des temps. Elle n’a bien entendu aucun caractère djihadiste, mais elle est bel et bien centrée sur la question de la fin des temps à la lumière de la Bible, en particulier  des paroles de Jésus-Christ dans le Nouveau Testament.

La question de la fin du monde, de sa proximité ou de son éventualité, préoccupe à des degrés divers la plupart des humains.  Les problèmes liés aux ressources naturelles, à leur distribution ou à leur épuisement possible inquiètent les uns et les autres, alors que la population mondiale croît de manière exponentielle et que ces ressources sont soit dilapidées, soit mal exploitées, soit confisquées par les uns au détriment des autres.  Sans parler de l’inquiétude provoquée par la menace nucléaire, par la violence latente propagée par certains groupes ou pays cherchant à établir leur domination mondiale d’une manière ou d’une autre.  Le futur de la planète semble bien compromis, et cela amène inévitablement beaucoup à se demander si ses jours, et avec eux les jours de l’humanité, ne sont pas comptés.

Il est très facile de broder sur ce thème, et de tomber dans une forme de catastrophisme alarmiste.  Combien de films à grand spectacle ou de romans de science fiction ne sont-ils pas d’ailleurs basés sur ce catastrophisme, attirant derrière eux une masse de spectateurs ou de lecteurs avides de sensations morbides?  L’humanité aime beaucoup jouer à se faire peur. Elle trouve dans ce jeu une dimension à la fois fascinante et distrayante, qui lui permet de se prouver à elle-même qu’elle peut se surpasser et échapper à toutes sortes de dangers. Un des ressorts du spectacle consiste justement à inventer des dangers artificiels dont les héros parviennent en fin de compte à s’échapper. Mais il n’y a pas que les menaces artificielles concoctées de toutes pièces, ou encore celles censées refléter ce qui pourrait bien se passer un jour, pour donner des frissons à une société en mal de spectacle et de fantasmes.  Il y a les menaces bien réelles dont chacun peut se rendre compte qu’elles sont à notre porte: crise financière internationale, famines, tremblements de terre et ouragans, conflits armés etc.

A leur propos on entend souvent utiliser à tort et à travers le mot “apocalypse” et l’adjectif “apocalyptique”, surtout  lorsqu’il est question de désastres naturels à grande échelle, de menaces d’ordre planétaire.  Comme si le dernier livre de la Bible, l’Apocalypse de Jean, ne faisait que décrire de tels désastres et n’annonçait pas avant tout la victoire finale et totale du véritable Maître du monde, Jésus-Christ, celui à qui toute autorité, dans les cieux comme sur la terre, a été remise.  Un jour, ses disciples lui ont justement posé la question critique de la fin des temps (Évangile selon Matthieu, chapitre 24) : Là-dessus, Jésus quitta la cour du Temple.  Tandis qu’il s’éloignait, ses disciples s’approchèrent pour lui faire remarquer l’architecture du Temple.  Alors il leur dit: Oui, regardez bien tout cela!  Vraiment, je vous l’assure: tout sera démoli: il ne restera pas une pierre sur une autre.  Comme il était assis sur le mont des Oliviers, ses disciples s’approchèrent, le prirent à part, et lui demandèrent: Dis-nous quand cela se produira et quel signe annoncera ta venue et la fin du monde.  Sans continuer la lecture de ce chapitre essentiel, notons que ce que va leur répondre Jésus-Christ ne correspond pas aux tentatives stupides et fausses de tant d’illuminés pour déterminer une date exacte à la fin du monde, comme si les hommes pouvaient deviner par eux-mêmes ce qui appartient exclusivement à la connaissance et au pouvoir divins. Jésus dira sans ambage à ses disciples: Quant au jour et à l’heure où cela se produira, personne ne les connaît, ni les anges du ciel, ni même le Fils; personne, sauf le Père, et lui seul (24:36)

 Alors oui, il est clair que la Bible déclare que le monde tel que nous le connaissons actuellement aura une fin, tout comme il y a eu un commencement de l’univers.  Et oui, Jésus appelle ses disciples à comprendre les signes des temps, à lire et à comprendre le moment de l’histoire que nous vivons aujourd’hui dans sa continuité avec le passé et comme maillon menant inévitablement à un point final d’accomplissement.  Il dit à ses disciples: Que l’exemple du figuier vous serve d’enseignement: quand ses rameaux deviennent tendres et que ses feuilles poussent, vous savez que l’été est proche.  De même, quand vous verrez tous ces événements, sachez que le Fils de l’homme est proche, comme aux portes de la ville (24 :32-33).

 Tâchons donc de cerner de plus près ces signes des temps que Jésus-Christ indique à ses disciples, afin d’en comprendre la nature, afin surtout de mettre notre foi en celui qui est le point d’aboutissement de l’histoire humaine.

L’élément le plus important à saisir est déjà contenu dans la question des disciples à Jésus: son retour sur terre est intimement lié à la fin du monde.  Dans la perspective biblique, il ne faut pas s’attendre à une catastrophe écologique majeure, ou à une collision entre une comète et la planète terre, ou encore à une guerre nucléaire fatale à l’humanité (ce que l’on appelle communément et à tort un événement apocalyptique) mais avant tout au retour du Christ dans sa gloire.  C’est cela que les confessions de foi les plus anciennes énoncent lorsqu’elles déclarent sobrement, comme le symbole dit des apôtres: Il reviendra de là pour juger les vivants et les morts. Ce à quoi le symbole de Nicée ajoute: Son règne n’aura pas de fin.  Tous les signes que Jésus donne à ses disciples dans sa réponse, sont avant tout des signes annonciateurs de sa venue et de l’établissement final de son règne.  Si l’on comprend bien ceci, on évitera de tomber dans bien des pièges tendus par toutes sortes de faux-prophètes et de devins qui égarent régulièrement les foules crédules.

Le second point en rapport avec la fin des temps et avec le retour du Christ, a trait à la fidélité des disciples à sa parole.  Car les faux-prophètes ne manqueront pas. Ils tâcheront d’égarer les disciples, de les séduire par toutes sortes de faux-enseignements.  L’enjeu est donc avant tout la persévérance des croyants face aux persécutions et à la séduction des faux enseignements.  La réponse de Jésus à la question de ses disciples commence comme suit:

Faites bien attention que personne ne vous induise en erreur.  Car plusieurs viendront sous mon nom en disant: “Je suis le Messie”, et ils tromperont beaucoup de gens.  Vous entendrez parler de guerres et de menaces de guerres.  Attention! Ne vous laissez pas troubler par ces nouvelles, car cela doit arriver, mais ce ne sera pas encore la fin.  En effet, ‘on verra se dresser une nation contre une nation, un royaume contre un autre’; il y aura des famines et des tremblements de terre en divers lieux.  Mais ce ne sont que les premières douleurs de l’enfantement.  Alors on vous persécutera et l’on vous mettra à mort.  Toutes les nations vous haïront à cause de moi.  A cause de cela, beaucoup abandonneront la foi, ils se trahiront et se haïront les uns les autres.  De nombreux faux-prophètes surgiront et ils tromperont beaucoup de gens.  Parce que le mal ne cessera de croître, l’amour du plus grand nombre se refroidira.  Mais celui qui tiendra bon jusqu’au bout sera sauvé.  Cette Bonne Nouvelle du règne de Dieu sera proclamée dans le monde entier pour que tous les peuples en entendent le témoignage.  Alors seulement viendra la fin (24:4-14).

 Il est clair d’après ce passage que c’est la persévérance des croyants, leurs tribulations et leurs épreuves, leur résistance face à la tentation d’abandonner la foi en Jésus-Christ comme Messie unique, qui constituent le fil directeur des signes des temps.  Les guerres, famines ou tremblements de terre, quant à eux, sont et seront là comme ils l’ont été depuis la Chute du genre humain: ils font en quelque sorte partie de l’ordinaire de l’humanité.  La plus grande partie du genre humain ne voit pas la progression des signes annoncée par Jésus-Christ car elle ne pense pas que le sort des croyants joue un quelconque rôle dans cette progression.  Voilà pourquoi, en dépit de toutes les préoccupations concernant la fin du monde, la plupart seront pris au dépourvu le jour où elle interviendra.  Jésus le dit à ses disciples en ces termes: Lors de la venue du Fils de l’homme, les choses se passeront comme au temps de Noé; en effet, à l’époque qui précéda le déluge, les gens étaient occupés à manger et à boire, à se marier et à marier leurs enfants, jusqu’au jour où Noé entra dans l’arche.  Ils ne se doutèrent de rien, jusqu’à ce que vienne le déluge qui les emporta tous.  Il en sera de même à l’avènement du Fils de l’homme (24:37-39).

Dans mon prochain article sur le thème des « signes des temps » posté sur ce blog, je me pencherai plus particulièrement sur le rôle de l’évangélisation, de la proclamation du salut à toutes les nations, en tant que  signe donné par Jésus à ses disciples (24:14).

 

Eric Kayayan
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