UN MONDE PAS SI DIFFÉRENT DU NÔTRE

On pense souvent que le monde d’aujourd’hui est si différent du monde gréco-romain dans lequel le christianisme est né il y a deux mille ans, que le message de ce dernier ne peut vraiment pas être d’actualité.  Au vingt-et-unième siècle nos circonstances de vie n’ont plus rien à voir avec ce monde-là, pense-t-on.

Tâchons pourtant de remettre en question cette idée reçue.  D’abord, tout comme le nôtre le monde de l’empire romain était extrêmement globalisé car les voies de communication y étaient assez développées grâce à l’administration impériale.  C’était un monde où les idées, les courants philosophiques et les religions circulaient très librement, en partie grâce aux enseignants itinérants qui proposaient chacun une formule de vie à leurs adeptes.  Les cultes orientaux, les religions à mystère y foisonnaient.

Non moins présent, le culte du sexe était ici ou là officialisé, comme dans la grande ville de Corinthe, en Grèce, où le temple d’Aphrodite était le lieu d’une prostitution sacrée fort prisée des habitants et des nombreux visiteurs.  Les prostitués mâles n’étaient d’ailleurs pas en reste.  Toujours sur le plan des mœurs, l’homosexualité et la bisexualité étaient tout à fait courantes.  Quant à la pédophilie, elle avait son propre culte dans certaines villes grecques, sous l’égide d’Eros, intermédiaire entre les hommes et les dieux, et auquel on offrait même des sacrifices.  Elle a d’ailleurs été pratiquée par certains empereurs.

Le culte de l’Etat providence assurait la cohésion de l’empire.  L’Etat pourvoyait aux besoins de tous les sujets de l’empire, qui lui devaient une loyauté sans faille.  Sous l’empereur Dioclétien, à la fin du troisième siècle, ce culte de l’Etat providence atteint son paroxysme, avec la divinisation complète du souverain.  Il est certain que dans ce contexte, le christianisme, qui n’a jamais prêché la révolte contre les autorités publiques, fut néanmoins un ferment de subversion interne, en déclarant que seul Christ est le Seigneur éternel.  Mis en présence de choix radicaux, les chrétiens soutenaient qu’il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes, suivant en cela les disciples Pierre et Jean confrontés aux autorités de leur temps.

Si l’on observe le contexte du monde gréco-romain et le nôtre, on s’apercevra que les similitudes sont souvent frappantes, en dépit de ce qui nous apparaît si différent.  L’actualité du message chrétien dans le monde d’aujourd’hui pourrait en fait s’appuyer sur ces nombreuses similitudes.  Mais plus profondément encore, ce sont sans doute les paroles de l’Ecclésiaste, elles-mêmes antérieures au monde gréco-romain, qui doivent nous guider dans notre compréhension de l’histoire : Ce qui  a été, c’est ce qui sera, et ce qui s’est fait, c’est ce qui se fera : il n’y a rien de nouveau sous le soleil.  Paroles auxquelles il faut joindre, pour leur donner leur sens plein, l’affirmation capitale de la lettre aux Hébreux, dans le Nouveau Testament (13:8): Jésus-Christ est le même hier, aujourd’hui et pour l’éternité.

Eric Kayayan
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