“CAR L’ÉTERNEL DIEU EST UN SOLEIL ET UN BOUCLIER” (Psaume 84)

Un des vingt sermons publiés par le pasteur réformé français Jean Daillé (1594-1670) dans un recueil paru en 1653, porte sur les versets 12 et 13 du Psaume 84:

Car l’Éternel Dieu est un soleil et un bouclier; l’Éternel donne la grâce et la gloire, Il ne refuse pas le bonheur à ceux qui marchent dans l’intégrité. Éternel des armées, heureux l’homme qui se confie en toi!

L’extrait suivant de ce sermon porte sur la notion de  l’Éternel Dieu comme bouclier et le sens spirituel de cette métaphore:

Regardez-moi Abraham couvert de ce grand pavois. Il marche en sûreté au milieu des flèches et des dards, dans les feux et dans les flammes des ennemis. Leur fer le respecte ; leurs cœurs mêmes n’osent rien entreprendre contre lui. Ce bouclier, qu’ils voient devant lui, les éblouit, et les contraint de remettre dans le carquois les flèches préparées pour l’outrager.  David avait connu par expérience combien ce bouclier était fidèle, ayant essuyé sous son abri cette horrible grêle de traits et de coups dont Saül combattit si longtemps sa vie.  Les flèches de ce tyran avaient souvent sifflé à ses oreilles, et le saint homme avait quelquefois pâli dans ces rencontres sanglantes, mais jamais nul des traits qu’il craignait ne put toucher sa tête.

Ce fut ce même bouclier qui éloigna des corps des trois enfants de Babylone.  Ce cruel élément oublia sa propre nature, et aima mieux se voûter et se fendre que de violer des personnes couvertes de ce divin pavois.

C’est lui-même qui fait les miracles, et que le Prophète célèbre ailleurs (Ps 91 :5-7), qui écarte loin de nous ce qui épouvante de nuit, et la flèche qui vole de jour, qui repousse la mortalité, qui chemine en ténèbres, et la destruction qui sévit en plein midi.  Il en tombera mille à ton côté (dit-il) et dix mille à ta droite ; mais elle n’approchera point de toi.

Enfin pour ne pas m’arrêter au particulier, c’est ce saint et sacré bouclier qui a maintenu l’Église au milieu des guerres et des ravages du monde, sans que les armes ni de la chair, ni de Satan aient jamais pu prospérer contre elle.  Car le Seigneur dissipe leurs conseils et anéantit leurs efforts par sa providence.  Et malgré toute leur fureur la conserve si chèrement, que les portes de l’enfer ne prévaudront point contre elle.

Il parfait sa vertu dans notre infirmité, et montre par la conservation d’une chose si faible, au milieu des plus mortels dangers, combien est glorieuse la force de sa sainteté.  Car au lieu que les boucliers des hommes n’ont ni vie ni sentiment des périls de ceux qu’ils couvrent, le nôtre est vivant ; c’est une amour très ardente qui le meut à s’opposer à tout ce qui nous menace.  Il sent ce qui nous touche plus vivement que nous-mêmes ; et il ne nous chérit pas moins que la prunelle de ses yeux.  Et comme il est vivant, aussi est-il éternel, invulnérable et inviolable.  Les autres boucliers plient souvent sous l’effort des ennemis ; ils se rompent et tombent quelques fois en pièces. Celui-ci demeure toujours entier, fermé et solide, sans que toute la fureur de la terre et de l’enfer soit capable de nous porter aucun coup qu’il ne repousse.

Si vous m’alléguez ici les disgrâces, les afflictions et les morts qui atteignent les fidèles autant, ou plus souvent mêmes, que les autres hommes, je réponds que tous ces traits ne frappent, ni n’endommagent leur salut – cette vie nouvelle et immortelle que le bouclier céleste protège, à proprement parler. Son secours les rend plus que vainqueurs dans toutes ces occasions. Car, comme dit magnifiquement le saint Apôtre (Rom. 8 :37-38), ni la mort, ni la vie, ni les anges, ni les principautés, ni les puissances, ni les choses présentes, ni celles qui sont à venir, ni hautesse, ni profondeur, ni aucune autre créature ne nous peut blesser en cette partie (c’est-à-dire en notre vrai tout) ni nous séparer de la dilection de Dieu eu Jésus-Christ, d’où elle dépend.  C’est précisément ce qu’entend le Psalmiste, quand il dit que Le Seigneur nous est un bouclier ; c’est-à-dire qu’il n’y a nulle force ennemie, contre laquelle il ne défende et ne conserve puissamment notre salut.

 

Eric Kayayan
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