CONNAÎTRE DIEU COMME PÈRE À TRAVERS LA RÉDEMPTION OFFERTE EN SON FILS

Poursuivant dans son sermon son exposition de la première section du Catéchisme de Genève, le pasteur Jean Daillé (1594-1670) aborde maintenant la connaissance de Dieu sous l’angle de la rédemption offerte en Jésus-Christ, après l’avoir largement commentée sous celui de la nature créée:

C’est lui qui nous apprendra ces mystères qu’il a apportés du Ciel, et qu’il a puisés dans le sein de son Père.  C’est lui qui, non seulement nous confirmera tout ce que la raison nous a enseigné de véritable, mais qui, outre cela, nous conduira jusques dans le Cabinet de Dieu, pour nous y faire voir les arrêts que ce Juge souverain a donnés en notre faveur.  C’est là qu’il nous découvrira tout le Conseil de son Père, l’amour qu’il a porté aux hommes, le don qu’il leur a fait de son Fils, quand il l’a envoyé au monde, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu’il ait la vie éternelle.  La satisfaction que ce miséricordieux Seigneur a faite pour nos péchés en mourant sur la Croix ; et enfin l’accès qu’il a ouvert au Trône de la miséricorde de Dieu à tous ceux qui s’y présentent, avec foi et repentance, et la vie bienheureuse qu’il a acquise aux fidèles.  C’est là la connaissance de Dieu dont parle notre Catéchisme, et qui seule nous peut être salutaire.

Car de quoi nous servirait-il d’avoir appris dans la nature qu’il y a un Dieu, si l’Évangile ne nous apprenait qu’il est notre Père ?  De quoi nous servirait-il de savoir que ce Dieu est Tout puissant, si le sentiment de nos péchés nous faisait considérer sa puissance comme une armée pour nous perdre ?  Que nous servirait de savoir qu’il est juste, si Jésus-Christ ne nous enseignait qu’il a apaisé cette justice que nos crimes avaient irritée ?  Quel fruit tirerions-nous de sa bonté, après l’avoir offensée, comme nous avons fait, si nous ne savions que notre Seigneur nous l’a réconciliée, et qu’il lui a donné le moyen de se déployer abondamment sur nous ?  Enfin, quel profit nous reviendrait-il de savoir qu’il est infiniment sage, si l’Écriture ne nous apprenait que cette sagesse a trouvé dans ses trésors une voie assurée pour nous ramener de la mort et de la malédiction éternelle que nous avions méritée ?

C’est de cette connaissance-là, mes Frères, que notre Catéchisme dit qu’elle est la principale fin de la vie humaine. Et voici la raison qu’il en allègue : c’est, dit-il, que Dieu nous a créés pour être glorifiés en nous ; il est donc bien juste et bien raisonnable que nous consacrions toute notre vie à sa gloire, puisqu’il en est le commencement.  Or il n’est pas possible de le glorifier sans le connaître, comme il est impossible de le connaître de la façon que nous venons de dire, sans le glorifier éternellement : et c’est ce que nous avons maintenant à considérer de plus près.

L’Écriture nous enseigne que Dieu a fait toutes choses pour sa gloire, et que c’est là la dernière fin qu’il s’est proposée en tous ses ouvrages.  Et véritablement il n’en a jamais fait aucun qui n’ait publié ses louanges, et qui ne lui ait donné matière de gloire.  Toutes tes œuvres te louent, dit le Psalmiste ; Les cieux racontent la gloire de Dieu, il n’y a point en eux de langage ni de paroles, et toutefois leur voix est entendue.  Interroge les bêtes, dit Job, et chacune d’elles te l’enseignera ; oui les oiseaux des cieux, et ils te le déclareront ; demande-le à la terre, et elle te l’apprendra, même les poissons de la mer, tous muets qu’ils sont, te le raconteront.  En un mot, il n’y a point de créature dans le monde, quelque petite et méprisable qu’elle nous paraisse, depuis les Cieux jusques aux abîmes, depuis le moindre insecte jusques au plus parfait animal, et depuis l’hysope jusques au cèdre du Liban, en qui ce divin ouvrier n’ait laissé des marques éternelles de sa puissance et de sa bonté, et qui ne contribue tout ce qu’elle a de vie, de mouvement et d’être, à rendre célèbre le Nom de celui qui l’a formée.

Dans ce concert mélodieux que l’Univers tout entier fait à la gloire de son Créateur, et où les plus muets se font entendre, l’homme seul demeurerait-il sans parole, et le Maître de l’harmonie serait-il sans voix ?  Certes, mes Frères, cela ne serait pas raisonnable, et quand il voudrait se taire, les avantages qu’il a par-dessus les autres prêcheront, malgré lui, la gloire de celui dont il les a reçus.  En effet, pourquoi pensez-vous qu’il vous ait donné ce corps si parfaitement bien composé, ce visage tourné vers le ciel, cette âme intelligente et raisonnable, sinon afin de faire voir en votre personne le chef-d’œuvre de sa main et un ouvrage qui fit admirer son Auteur ? Pourquoi imaginez-vous qu’il vous ait crée à son image, si ce n’est afin qu’en quelque lieu que vous fussiez, il eût un portrait qui acquît de la gloire à son original ? Et pourquoi croyez-vous enfin qu’il vous ait donné l’usage de la parole, et le moyen d’exprimer vos conceptions, ce qu’il a refusé aux autres animaux, si ce n’est afin que vous fussiez leurs interprètes, et que vous pussiez prêter votre langue et vos expressions pour louer votre commun Maître ?

Mais chers Frères, si les biens que Dieu nous a donnés dans la nature nous obligent à le glorifier, que dirons-nous de ceux qu’il nous communique dans la grâce ? Si nous avons admiré sa bonté dans les premiers, le donnerons-nous pas à sa miséricorde et à son amour la gloire que nous leur devons pour les autres ?  Notre création et notre conservation sont sans difficulté de très grandes faveurs : mais si nous les comparons avec celles que Dieu nous accorde sous l’Évangile, nous trouverons que ce sont les moindres de ses bienfaits.  Car qu’est-ce de nous avoir donné une vie animale, au prix de nous élever dans les Cieux ?  Qu’est-ce de nous avoir tiré du néant au prix de nous délivrer de la puissance des enfers ?  Et qu’est-ce enfin qui peut entrer en parallèle avec le présent que Dieu nous fait ici de lui-même et de toutes choses en conséquence ?

Aussi la Rédemption du genre humain est celui de tous les ouvrages de Dieu dont il lui revient le plus de gloire.  C’est celui qui fait voir le plus clairement toutes ses propriétés et toutes ses vertus qui rendent son Nom si célèbre.  C’est à cause de lui que S. Pierre dit que nous devons annoncer les vertus de celui qui nous a appelés des ténèbres à sa merveilleuse lumière. S. Paul pour la même raison dit que nous avons été rachetés à prix, et que par conséquent il est bien raisonnable que nous glorifiions Dieu nos corps et en nos esprits, puisqu’ils lui appartiennent doublement l’une et l’autre, et par le droit de la création, et principalement par celui de la Rédemption. Et d’ailleurs encore il veut que soit que nous buvions, soit que nous mangions, nous fassions tout pour la gloire de Dieu.  Ainsi, mes Frères, vous voyez que c’est avec beaucoup de raison que notre Catéchisme dit que nous sommes obligés de rapporter notre vie à la gloire de Dieu, puisqu’il en est le commencement.

 

Eric Kayayan
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