L’ESPRIT DE PENTECÔTE

La Pentecôte, dans l’Ancien Testament, était l’une des trois fêtes célébrées annuellement par les Israélites, exactement le jour qui suivait sept semaines après la célébration de la Pâque, soit cinquante jours plus tard.  En grec, le mot pentekostê  signifie d’ailleurs “cinquantième”.   En hébreu, lorsqu’il est question de la Pentecôte, il est parlé de “semaines” (par exemple en Nombres 28:26). Cette fête de la moisson, qui célébrait le Dieu de la Providence, avait été précédée par l’offrande des prémices de cette moisson au premier mois de l’année, juste après la Pâque, lorsqu’on apportait aux prêtres une gerbe, puis, un agneau d’un an.  Dans l’Ancien Testament, les prescriptions pour la fête de  la moisson sont notamment données au livre de l’Exode (23:16),et du Lévitique (23:15-22).  Entre autres offrandes, deux pains cuits avec du levain étaient apportés pour être dédiés. Tous les hommes d’Israël devaient se rendre à Jérusalem pour cette fête des semaines, qui était une occasion de réjouissance au sujet de la moisson accordée par Dieu.   Les bords des champs ne devaient pas être moissonnés, et les épis restés dans les champs ne devaient pas être ramassés, mais laissés aux pauvres et aux immigrants (Lév. 23:22).

Alors, comment passe-t-on de la Pentecôte dans l’Ancien Testament à la Pentecôte du Nouveau Testament? Comment passe-t-on de cette fête de la moisson, donc de la fidélité continue de Dieu envers son peuple après la délivrance commémorée au moment de la Pâque, à la réception de l’Esprit Saint promis par Jésus à ses disciples, le jour même de la célébration de la Pentecôte?

L’esprit de Pentecôte c’est avant tout le Saint-Esprit !  Mais c’est aussi  le Saint Esprit témoignant avant tout de la mort et de la résurrection de Jésus-Christ par la voix des disciples.  C’est lui dont Jésus leur avait annoncé la venue durant la Pâque qu’il célébra avec eux juste avant son arrestation, son procès et sa crucifixion (Jean 14 :25-26): « Je vous ai parlé de cela pendant que je demeure auprès de vous. Mais le Consolateur, le Saint-Esprit que le Père enverra en mon nom, c’est lui qui vous enseignera toutes choses et vous rappellera tout ce que moi je vous ai dit. »  Le Saint-Esprit  confirme et équipe les disciples pour la moisson qui les attend, et doit les conduire jusqu’aux extrémités de la terre, à commencer par Jérusalem, comme Jésus le leur a commandé après sa résurrection: Comme il se trouvait avec eux, il leur recommanda de ne pas s’éloigner de Jérusalem, mais d’attendre la promesse du Père dont, leur dit-il, vous m’avez entendu parler; car Jean [le Baptiste] a baptisé d’eau, mais vous, dans peu de jours, vous serez baptisés d’Esprit Saint (…) Mais vous recevrez une puissance, celle du Saint-Esprit survenant sur vous, et vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée, dans la Samarie et jusqu’aux extrémités de la terre.

Après l’accomplissement parfait et définitif de la Pâque par le sacrifice du Christ, vient le début de la moisson, des premiers fruits, avec la conversion de trois mille Juifs venus de toutes les régions de l’empire romain et même de plus loin, pour célébrer la Pentecôte à Jérusalem (Actes 2:42).  Attirés par l’événement extraordinaire qui vient de se produire avec l’irruption de l’Esprit Saint sur les disciples et le don des langues qui leur est accordé,  mis en présence de la puissance de Dieu, ils entendent proclamer avec force l’accomplissement des promesses divines.  L’Esprit qui parle par la bouche des disciples est le même qui leur ouvre le coeur pour se repentir et croire.  Une fois de plus, la fidélité de Dieu à ses promesses est confirmée.  La Pentecôte revêt désormais une dimension universelle, conforme à l’autorité universelle qui a été conférée par le Père au Fils (Matthieu 28:18-20).  Les grands actes rédempteurs de Dieu sont proclamés par les disciples en toutes sortes de langues, parfaitement comprises par ceux qui les pratiquaient dans leur contrée d’origine.

C’est lui qui vous enseignera toutes choses et vous rappellera tout ce que moi je vous ai dit. Donc le Saint-Esprit n’ajoute rien à ce que Jésus a enseigné, il n’invente rien ou ne distribue pas de nouvelles révélations qui ajouteraient, annuleraient ou relativiseraient ce que Jésus a fait et enseigné. Il confirme tout (rien de moins et rien de plus) ce qui concerne la personne et l’œuvre de Jésus-Christ.

On ne peut donc jamais se réclamer du Saint-Esprit lorsqu’on prétend apporter de nouvelles révélations, fondées sur des visions ou des inspirations subites. Ceux qui se croient remplis du Saint-Esprit alors qu’ils donnent plutôt l’impression d’être possédés par des forces obscures lorsqu’ils s’expriment, crient et s’agitent, font grande injure au Saint-Esprit de Dieu. On n’est véritablement rempli du Saint-Esprit que lorsque l’on s’en tient à ce que l’Esprit a inspiré dans cette Parole divine qui trouve son incarnation dans le Fils de Dieu fait homme, Jésus-Christ.  Exposer avec consistance et persévérance cette Parole de vie, tout en cherchant à en déduire les nécessaires applications contemporaines, c’est être véritablement spirituel: toute église qui le fait manifeste qu’elle est liée à son Seigneur et Sauveur par le lien de l’Esprit. Comme le dit la dit la grande confession de foi universelle de Nicée-Constantinople (datant du 4e siècle de notre ère chrétienne) : Nous croyons en l’Esprit Saint, qui règne et donne la vie, qui procède du Père et du Fils, qui a parlé par les prophètes, qui, avec le Père et avec le Fils, est adoré et glorifié.  Le Saint-Esprit qui vivifie est, selon cette confession de foi, celui qui a parlé par les prophètes (comprendre toute l’Ecriture Sainte). On ne doit jamais divorcer les deux.

La Pentecôte est donc l’événement inaugurant la prédication de l’Évangile par l’Église à Jérusalem, puis dans les régions avoisinantes de Judée et de Samarie, enfin jusque dans les recoins les plus reculés de la terre (Actes 1:8).  Ce n’est pas l’événement fondateur de cette prédication, car celui-ci consiste en l’œuvre parfaite du Christ accomplie sur la Croix, selon le plan éternel de Dieu le Père.  Cette prédication doit être claire et articulée.  Écoutez l’étonnement des Juifs pieux venus de tout le bassin méditerranéen (et même de plus loin) à Jérusalem pour célébrer la fête traditionnelle juive de la Pentecôte  (Actes 2:7-8 et suivants) : « Ils étaient hors d’eux-mêmes et dans l’admiration, et disaient : Voici, ces gens qui parlent ne sont-ils pas tous Galiléens ? Comment les-entendons-nous chacun dans notre propre langue maternelle ? »  Leur étonnement n’était pas dû au fait que les disciples s’exprimaient avec des sons inconnus, ou par des manifestations incompréhensibles, bien au contraire : « Nous les entendons parler dans nos langues des merveilles de Dieu ! »

Et puis l’Esprit Saint donne aux enfants de Dieu la soif du retour de Jésus-Christ.  Il est le Consolateur car il rend témoignage à l’esprit des croyants que le Christ est bien vivant, à la droite du Père céleste, depuis son Ascension ; en même temps, il leur rappelle que Jésus a promis à ses disciples de revenir :   Il viendra de là pour juger les vivants et les morts, et son règne n’aura pas de fin, déclare la confession de foi de Nicée-Constantinople. Entre temps il y a une attente impatiente des croyants, attente active au service de la manifestation sur toutes les sphères de la vie de la royauté du Christ entré dans sa gloire. Cette attente est exprimée avec force à la fin du dernier livre du Nouveau Testament, l’Apocalypse de Jean (22 :17): L’Esprit et l’épouse [l’Église du Christ] disent : Viens ! Que celui qui entend, dise : Viens ! Que celui qui a soif, vienne ; que celui qui veut, prenne de l’eau de la vie gratuitement ! A cette attente, le Christ répond lui-même (v. 20-21): Celui qui atteste ces choses dit : Oui, je viens bientôt. – Amen ! Viens Seigneur Jésus ! – Que la grâce du Seigneur Jésus soit avec tous !

Eric Kayayan
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