COMMENT PRIER DIEU, LES EXPLICATIONS DU CATÉCHISME DE GENÈVE

Après nous être mis à l’écoute du catéchisme de Heidelberg au sujet de la prière dans notre précédent article, consultons maintenant le catéchisme de Genève, rédigé par le réformateur Jean Calvin en 1545, et qui se présente lui aussi sous forme de questions et de réponses.  La troisième partie de cet ouvrage traite justement de la prière:

  • Parlons maintenant de la manière de prier. Suffit-il de prier Dieu des lèvres seulement? L’esprit et le coeur ne sont-ils pas engagés?

La parole n’est pas toujours nécessaire; en revanche dans la prière véritable, l’intelligence et le coeur y interviennent toujours.

  • Comment cela?

Dieu est Esprit: en toutes circonstances, il sonde nos coeurs, plus particulièrement encore dans la prière, qui est communion avec lui.  C’est pourquoi le Seigneur est proche de ceux qui l’invoquent avec sincérité, mais il répand sa colère et sa malédiction sur ceux qui le prient des lèvres, et non du fond du coeur.

  • Ainsi, les prières qui ne sont que des mots n’ont ni sens ni valeur?

Non seulement elles sont vaines, mais même désagréables à Dieu.

  • Quand nous prions, quels sentiments Dieu requiert-il de nous?

D’abord que la conscience de notre faiblesse et de nos insuffisances provoque en nous tristesse et angoisse.  Puis, qu’un désir violent et sincère du pardon de Dieu enflamme notre coeur; alors naît en nous un ardent besoin de prier.

 Ces dispositions du coeur, découlent-elles de notre nature, ou viennent-elles de la grâce de Dieu?

La grâce de Dieu est nécessaire car, seuls, nous sommes absolument incapables d’accomplir ce chemin spirituel.  L’Esprit de Dieu suscite en nous des “soupirs inexprimables” et crée en nos coeurs ce désir, prélude indispensable à la prière, comme dit saint Paul.

  • Tout cela n’encouragerait-il pas une certaine passivité? Qu’on se borne à attendre, les bras croisés, si j’ose dire, l’impulsion du Saint Esprit, sans faire d’effort personnel pour se mettre en prière?

Non, c’est tout le contraire!  Le résultat est plutôt celui-ci:  quand le fidèle sent en lui un coeur glacé, peu disposé à la prière, une humeur paresseuse, qu’il se tourne aussitôt vers Dieu pour lui demander une ardeur nouvelle, une flamme intérieure qui le rendra capable de prier.

  • Tu ne prétends pas cependant que dans la prière, toute parole soit inutile?

Bien sûr que non!  Prier à haute voix est souvent un moyen de fixer son attention afin qu’elle ne s’égare pas loin de Dieu.  De plus, entre toutes les facultés que Dieu a mises en l’homme, la parole est destinée à célébrer sa gloire; il est donc normal qu’elle s’y emploie.  D’ailleurs, l’intensité de nos sentiments fait que -parfois- jaillissent spontanément les mots qui les expriment.

  • S’il en est ainsi, à quoi sert-il de prier en une langue étrangère et incompréhensible?

Ce n’est rien d’autre que se moquer de Dieu.  Que les chrétiens s’abstiennent d’une telle hypocrisie!

  • Quand nous prions, pouvons-nous avoir des doutes sur le résultat de notre prière? Ne nous faut-il pas, au contraire, tenir son exaucement pour certain?

Oui, le fondement de la prière, c’est la certitude que Dieu la reçoit et que nos requêtes seront exaucées, si elles contribuent à notre bien.  L’apôtre Paul enseigne que la prière véritable procède de la foi.  Car nul ne peut invoquer Dieu comme il convient, s’il n’est déjà, dans la foi, fermement assuré de sa bonté.

  • Qu’adviendra-t-il donc à ceux dont la prière est hésitante, qui doutent de son exaucement et se demandent même si Dieu les entend?

Les prières de ceux-là demeurent vaines, car Dieu nous dit de demander avec une foi totale et nous promet que “tout ce que nous aurons demandé avec foi, nous le recevrons”.  Ceux qui doutent sont évidemment exclus de cette promesse.

  • Il nous reste à voir d’où peut nous venir, à nous, une telle assurance. Car enfin, et de mille façons, nous sommes indignes de nous présenter devant Dieu.  Et pourtant, nous osons lui parler face à face!

D’abord, nous connaissons ses promesses: tenons-nous y fermement sans considération aucune de notre dignité personnelle.  Ensuite, ne sommes-nous pas les enfants de Dieu?  C’est donc son Esprit qui nous fait vivre et nous incite à placer en lui, comme en un père, toute notre confiance.  Enfin, pour que nous n’ayons pas peur de comparaître devant sa majesté glorieuse, nous qui ne sommes que de pauvres vers de terre et de misérables pécheurs, il nous donne un Médiateur:  Jésus-Christ.  C’est lui qui nous ouvre le chemin vers Dieu; par lui, nous ne doutons plus de trouver grâce devant Dieu.

  • C’est donc seulement au nom de Jésus-Christ que nous invoquerons notre Dieu?

Oui.  L’ordre nous en est donné en termes sans équivoque:  il nous est promis que l’intercession de Jésus obtiendra l’exaucement de nos prières.

  • Ce n’est donc point témérité ou arrogance que d’oser nous adresser familièrement à Dieu, en prenant pour avocat Jésus-Christ, le seul Médiateur entre Dieu et nous?

Non!  Car prier ainsi, c’est – pour ainsi dire – prier par la bouche du Christ.  Son assistance donne à notre prière plus d’audience et de crédit.

  • Étudions à présent le contenu de la prière. Demanderons-nous à Dieu tout ce qui nous passe par la tête, ou, au contraire, respecterons-nous certaines règles?

Notre manière de prier serait bien fantaisiste, si nous nous abandonnions à nos caprices et à nos impulsions.  Notre ignorance nous empêche de discerner notre véritable intérêt, et nos désirs sont si désordonnés que Dieu juge nécessaire de les tenir en bride.

  • Que nous faut-il donc faire?

Il n’y a qu’un seul moyen:  que Dieu lui-même nous enseigne la bonne méthode pour prier.  Nous le suivrons donc, comme des enfants que l’on tient par la main et qui répètent les paroles prononcées par le maître.

  • Quel enseignement Dieu nous a-t-il donné?

En de nombreux passages, les Écritures fournissent le détail de cet enseignement sur la prière.  Mais pour nous en laisser un modèle bien précis, Jésus a prononcé devant ses disciples une prière type, dans laquelle il a mis tout ce qu’il convient de demander à Dieu.  Cette prière tient en quelques lignes.

Le catéchisme de Genève commente ensuite le Notre Père, comme le fait le catéchisme de Heidelberg.  Je termine cette dernière émission consacrée à la prière en citant encore les questions et réponses qui servent d’introduction à l’oraison dominicale:

  • Pour mieux analyser le contenu de cette prière, quelles en sont les demandes?

Elle en contient six:  les trois premières concernent la gloire de Dieu.  C’est leur unique objet; il n’y est nulle question de nous-mêmes.  Dans les trois autres, l’accent est mis sur nous et sur ce qui nous est bon.

  • Avons-nous vraiment besoin d’adresser à Dieu des demandes qui ne nous concernent pas?

Dieu lui-même, dans son infinie bonté, ordonne si bien toute chose, que ce qui contribue à sa gloire nous est en même temps profitable.  Ainsi, quand son nom est sanctifié, Dieu fait que cela tourne à notre sanctification.  Si son règne vient, nous y avons nous-mêmes part.  Mais c’est la gloire de Dieu, et non le profit qui en découle pour nous, qui doit toujours être le but de notre prière.

  • Les trois premières requêtes se rapportent donc à notre intérêt personnel, quand bien même leur but principal est la glorification du Nom de Dieu?

Oui, et inversement dans les trois dernières demandes, où s’expriment les désirs qui nous tiennent personnellement à coeur, la recherche de la gloire de Dieu doit demeurer notre seul objectif.

En conclusion de cette série de six articles sur la nécessité de prier Dieu et la manière appropriée de le faire, je reprendrai simplement les questions 6 et 7 qui figurent au tout début du catéchisme de Genève, et qui lient la véritable connaissance de Dieu à l’invocation de son Nom:

6. Quelle est alors la véritable connaissance de Dieu?

Celle qui nous pousse à lui témoigner l’honneur qui lui est dû.

7. Quelle est donc la manière de l’honorer comme il faut?

  • Il faut mettre en lui toute notre confiance;
  • l’invoquer chaque fois que la nécessité nous presse;
  • chercher en lui notre salut et tous les bien qui nous sont nécessaires;
  • enfin, du coeur comme des lèvres, reconnaître que c’est de lui seul que nous viennent tous ces biens.

 

Eric Kayayan
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