PENTECÔTE, DÉBUT D’UNE MOISSON DE MARTYRS

Le thème de la moisson est central pour la signification de la Pentecôte. Car dans l’Ancien Testament, la Pentecôte était la fête de la moisson, l’une des trois fêtes célébrées annuellement par les Israélites, exactement le jour qui suivait sept semaines après la célébration de la Pâque, soit cinquante jours plus tard.  En grec, le mot pentekostê signifie d’ailleurs “cinquantième”.   Les prescriptions pour la fête de la moisson sont notamment données au livre de l’Exode (ch. 23.16-17) et du Lévitique (ch. 23.9-25) dans l’Ancien Testament.

En hébreu, lorsqu’il est question de la Pentecôte, il est parlé de “semaines”. Cette fête de la moisson, qui célébrait le Dieu de la Providence, avait été précédée par l’offrande des prémices de cette moisson au premier mois de l’année, juste après la Pâque, lorsqu’on apportait aux prêtres une gerbe, puis, un agneau d’un an.  Entre autres offrandes, deux pains cuits avec du levain étaient apportés pour être dédiés. Tous les hommes d’Israël devaient se rendre à Jérusalem pour cette fête des semaines, qui était une occasion de réjouissance au sujet de la moisson accordée par Dieu.   Les bords des champs ne devaient pas être moissonnés, et les épis restés dans les champs ne devaient pas être ramassés, mais laissés aux pauvres et aux immigrants.

LE PASSAGE DE L’ANCIEN AU NOUVEAU TESTAMENT

Alors, comment passe-t-on de la fête de la moisson dans l’Ancien Testament, à celle du Nouveau Testament ? Après l’accomplissement parfait et définitif de la Pâque par le sacrifice du Christ, vient le début de la moisson, des premiers fruits, avec la conversion de trois mille Juifs venus de toutes les régions de l’empire romain et même de plus loin, pour célébrer la Pentecôte à Jérusalem (Actes 2.42).  Attirés par l’événement extraordinaire qui vient de se produire avec l’irruption de l’Esprit Saint sur les disciples et le don des langues qui leur est accordé ; mis en la présence de la puissance de Dieu, ils entendent proclamer avec force l’accomplissement des promesses divines.  L’Esprit qui parle par la bouche des disciples est le même qui leur ouvre le cœur pour se repentir et croire : il s’agit bien d’une moisson spirituelle !  Une fois de plus, la fidélité de Dieu à ses promesses est confirmée.  La Pentecôte revêt désormais une dimension universelle, conforme à l’autorité universelle qui a été conférée par le Père au Fils à la fin de l’évangile selon Matthieu (28.18) : Tout pouvoir m’a été donné dans le ciel et sur la terreVous donc, allez, faites de toutes les nations des disciples… Les grands actes rédempteurs de Dieu sont proclamés par les disciples en toutes sortes de langues, parfaitement comprises par ceux qui les pratiquaient dans leur contrée d’origine.  Le Seigneur les envoie vers toutes les nations, et pour bien leur signifier qu’il est avec eux tous les jours jusqu’à la fin du monde, qu’il est le seul Seigneur de la mission, c’est lui-même qui fait venir à Jérusalem des représentants de ces nations, et les fait accourir vers les disciples lors de la Pentecôte.  Signe qu’il est toujours à l’œuvre et demeure fidèles à ses promesses…

PENTECÔTE, UNE MOISSON  DE MARTYRS

Nous aimerions beaucoup ne voir dans la fête de la Pentecôte qu’une occasion d’abondance et de réjouissance, une célébration sans ombre de la moisson des croyants.  Mais ce serait oublier trop facilement que jusqu’à la fin des temps celle-ci s’accomplit sur le fondement de l’événement de Pâques, durant lequel l’Agneau parfait a été immolé.  Quel rapport avec les croyants sauvés, me demanderez-vous ? Et bien, il s’agit du rapport entre la tête et le corps qui ne peut en être séparé sous peine de mort clinique. Jésus avait averti ses disciples peu avant son arrestation (Jean 15.20) : Souvenez-vous de la parole que je vous ai dite : le serviteur n’est pas plus grand que son maître.  S’ils m’ont persécuté, ils vous persécuteront aussi ; s’ils ont gardé ma parole, ils garderont aussi la vôtre. Pourtant dans cette persécution, l’Esprit Saint conduira les disciples dans toute la vérité : Quand on vous emmènera pour vous livrer, ne vous inquiétez pas de ce que vous direz, mais dites ce qui vous sera donné à l’heure même ; car ce n’est pas vous qui parlerez, mais l’Esprit Saint (Marc 13.11). l’Esprit Saint sera donc présent aux heures les plus sombres de la vie des croyants fidèles.

C’est avec Etienne, lequel nous est présenté la première fois comme un homme plein de foi et d’Esprit Saint (Actes 6.5), que va se manifester au plus haut degré la persécution inévitable qui suit la proclamation de la seigneurie du Christ. Étienne s’oppose frontalement à ses auditeurs, qui rejettent le véritable temple de l’Eternel, lequel est non pas celui bâti de pierres, aussi impressionnantes soient elles à vues humaines, mais bien celui qui a été relevé trois jours après sa destruction, le corps glorieux du Christ ressuscité.  Sous la direction de l’Esprit, Étienne prophétise ici sa propre mise à mort qui va être mise à exécution dans quelques instants.  C’est le début de la moisson des martyrs de l’Église, inaugurée par Saul de Tarse, grand persécuteur de l’Église primitive lui-même, mais qui la rejoindra à son tour en tant que victime offerte en libation, comme il l’écrit à Timothée vers la fin de sa seconde lettre, lui annonçant sa mort imminente.  Après lui avoir rappelé les persécutions qu’il a endurées dans plusieurs villes il lui a dit (3.10-13) : Tous ceux d’ailleurs qui veulent vivre pieusement en Christ-Jésus seront persécutés. Mais les hommes méchants et imposteurs avanceront toujours plus dans le mal, égarant les autres et égarés eux-mêmes. Initiée à Jérusalem, soutenue et poursuivie par Saul de Tarse dans cette même ville et bien au-delà, cette persécution occasionne pourtant la diffusion de l’Évangile, puisque, nous dit le chapitre 8 du livre des Actes, ceux donc qui avaient été dispersés allaient de lieu en lieu, en annonçant la bonne nouvelle de la parole.

La conjonction proclamation-persécution se retourne ainsi en persécution-proclamation ce qui est la dynamique même de la moisson à Pentecôte !

 

photo: Paz Arando sur Unsplash

Eric Kayayan
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