LE SACRIFICE DES ENFANTS: UNE RÉALITÉ CONTEMPORAINE

par Cornelis Van Dam

En Israël, à l’époque de l’Anti­quité, le sacrifice d’enfants était une réalité de la religion païenne. À tel point que Dieu a bien averti son peuple, avant même leur entrée dans la terre  promise,  de  n’avoir rien à faire avec cette pratique (Lév. 18:21; 20:2-5). Qu’on ne trouve chez toi personne qui fasse passer son fils ou sa fille par le feu! (Deut. 18:10). Israël s’est cependant livré à cette horrible pratique, aussi bien dans le royaume du nord que dans celui du sud. C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles Dieu a envoyé son peuple en exil (2 Rois 16:3, 17:17; 21:6; Éz. 16:20-21).

Aujourd’hui, l’idée de sacri­fier son propre enfant en l’étendant sur l’autel d’un dieu païen tel que Molok nous répugne. On peut ce­pendant se demander si le danger et la tentation de perpétrer des sacrifices d’enfants n’augmente pas à mesure que notre société se dé­tache de ses amarres chrétiennes et s’en va à la dérive. Encore aujour­d’hui, des enfants sont sacrifiés aux idoles que chacun se forge.

On peut bien sûr montrer du doigt la pratique musulmane des crimes d’honneur. Ce sujet a été propulsé au premier plan de la scène publique lorsque, en janvier 2012, un tribunal canadien a pro­noncé la condamnation d’un père et de son fils pour meurtre au premier degré, ces deux hommes ayant tué quatre femmes au nom de l’hon­neur familial. Trois filles adoles­centes et la première épouse du père ont été sacrifiées au nom de “l’honneur”. La réalité, c’est que les crimes d’honneur se produisent plus souvent que ce qui nous est rapporté dans les médias.

Il n’est toutefois pas néces­saire de fouiller les pratiques de l’islam radical pour trouver des sacrifices d’enfants. La société occidentale pratique ce genre de sacri­fices beaucoup plus qu’on ne le re­connaît généralement. Le crime si répandu de l’avortement nous vient immédiatement à l’esprit.

L’avortement

Des parallèles peuvent être établis entre l’ancienne pratique païenne du sacrifice d’enfants au dieu Molok et la pratique actuelle de l’avortement. Dans les deux cas, l’enfant est offert à un faux dieu, que ce soit avant ou après sa naissance. De nos jours, les avortements sont souvent pratiqués sur l’autel de l’idéologie féministe sécularisée, qui prône le droit d’une personne de décider ce qu’elle peut faire avec son corps (niant le fait que l’enfant à naître est un être humain à part entière). Ou encore, l’avortement peut être effectué par soumission au dieu de la commodi­té; un sacrifice humain est perpétré au nom d’une vie de facilité, car les enfants sont souvent considérés une nuisance. D’après une étude, un cinquième de tous les avortements pratiqués aux États-Unis ont été effectués sur des femmes mariées, souvent à l’instigation du mari.

Un autre parallèle peut être établi avec l’ancien sacrifice païen d’en­fants en ce que les avortements sont souvent effectués pour cacher une grossesse inattendue à la suite d’une relation sexuelle illi­cite. Autrefois, en Israël, la prosti­tution avec  les  prêtres de Molok faisait vraisemblablement partie du culte offert à ce dieu. Le fait que le sacrifice d’enfants soit mentionné dans la liste de péchés sexuels en Lévitique 18 le laisse supposer. De plus, la prostitution sacrée était très répandue parmi les religions païennes du Moyen Orient ancien. Dans le cas du culte à Molok, les enfants nés de la prostitution reli­gieuse ont pu être donnés   aux prêtres pour être sacrifiés, façon commode de se débarrasser du fruit non désiré des relations sexu­elles dans le cadre des pratiques religieuses. Aujourd’hui, nombreux sont  ceux  ou  celles  qui  ont des relations sexuelles en dehors du mariage sans trop s’inquiéter de la possibilité d’une grossesse, puisque l’avortement est perçu comme une solution facile.

Il existe des preuves que la pratique de l’avortement a servi à exercer un contrôle de popu­lation dans  l’Antiquité également. Plus spécifiquement, les sacrifices d’enfants pratiqués par l’élite so­ciale aidaient à restreindre la di­mension de leurs familles, ce qui aidait à consolider leur richesse, puisque celle-ci était alors partagée parmi un moins grand nombre de personnes à la génération suivante. Chez les moins nantis, la pratique des sacrifices d’enfants les aidait à tenir la pauvreté en échec. Aujour­d’hui, en Chine, l’avortement sert à exercer le contrôle de la population. Une énorme pression sociale et fi­nancière est exercée sur les couples ayant déjà un enfant pour que la mère se fasse avorter dans le cas de grossesses subséquentes. Des avortements sont souvent imposés à des mères non consentantes.

S’il existe un parallèle entre les avortements à notre époque et les sacrifices d’enfants perpétrés dans l’Antiquité, les enfants d’au­jourd’hui sont privés, d’une autre manière, beaucoup plus insidieuse, de l’essence même de leur vie. On touche à la vie des enfants là où, souvent, ils sont le plus vulnérables. Ils sont en danger, plus que jamais auparavant, de perdre leur enfance et leur innocence sexuelle.

Des enfants dérobés de leur innocence et de leur vie

La tendance actuelle dans le domaine de l’éducation est d’inclure toujours davantage une soi-disant éducation sexuelle dès l’école primaire. Au nom du politiquement correct et de l’inclusivité, de plus en plus de livres pour enfants dépeignent des “familles” homosexuelles et autres thèmes homosexuels comme étant tout à fait normaux. En ce moment le gouvernement libéral de l’Ontario met en l’avant un projet de loi qui, au nom de la lutte contre l’intimidation (une cause louable), fait la promotion d’une éducation sexuelle radicale. Si ce projet de loi est accepté sous sa forme actuelle, les écoles seront forcées de promouvoir la tolérance sexuelle en soutenant les élèves qui voudront organiser des activités telles que des clubs homosexuels.

Gaver les jeunes enfants et les adolescents de ce genre d’édu­cation sexuelle et tenter de façon­ner leur esprit selon des impératifs moraux non bibliques et contre nature est extrêmement déroutant pour ces enfants et ces adolescents. En fait, puisque les enfants et les adoles­cents sont à un âge très vulnérable, il est immoral et irresponsable de la part des éducateurs d’enseigner ceux qui leur sont confiés à remettre en question leur identité sexuelle, comme si le sexe que Dieu leur a donné n’était pas un indicateur suffisant de ce qu’il attend d’eux.

L’identité sexuelle d’une per­sonne est cruciale pour sa perception d’elle-même. En un sens, cette identité est au cœur même de la vie d’une personne. Comme le démon­tre le Dr Miriam Grossman dans son livre publié en 2009 et intitulé “Vous enseignez quoi à mes enfants?”, la toute dernière chose dont les enfants et les adolescents ont besoin, c’est ce que les soi-disant experts en éducation sexuelle exigent en ce moment. À l’âge qu’ils ont, ils ne sont pas en mesure de réfléchir de manière rationnelle à ce domaine de la vie. La science neurologique a démontré que le cerveau d’un adolescent n’est pas capable de prendre des décisions rationnelles responsables en ce qui a trait à la sexualité, car son sys­tème cérébral n’a pas fini de se dé­velopper. Les mauvaises décisions que prennent les adolescents dans le domaine de la sexualité ne sont pas dues à un manque d’informa­tion, mais plutôt à un manque de jugement. Seuls le temps et le pro­cessus de maturation permettent de dépasser ces limites. Encourager les enfants à la liberté et au péché sexuels met leur santé en danger et peut-être même leur vie. Ce qui constitue le moteur d’une grande partie de l’éducation sexuelle ac­tuelle, c’est une idéologie erronée et   non   pas   une   science   avisée. Miriam Grossman l’établit clairement dans son étude.

Des jeunes vies sont ruinées. Des enfants et des adolescents sont dérobés de leur innocence sexuelle et de la possibilité de grandir d’une façon normale, leur permettant de prendre progressivement cons­cience de leur identité de garçon ou de fille sans être précipités dans des problèmes d’adultes. On sacrifie les enfants sur l’autel de la cause homosexuelle et du politiquement correct. Les conséquences pour les élèves peuvent être dévastatrices pour le reste de leur vie. Au fond, c’est une forme de sacrifice d’en­fants. Une idéologie perverse cherche à restructurer la société et à l’orienter dans une nouvelle direction, sans se soucier du prix que les enfants doivent payer.

Nos enfants offerts en sacrifice vivant

Les enfants sont un grand don de Dieu. Leurs vies doivent être protégées, nourries et formées avec soin. Les parents chrétiens peuvent être des instruments entre les mains de Dieu, qu’il utilise non seulement pour leur donner la vie physique, mais aussi pour leur donner la vie en Jésus-Christ. Les pères et les mères croyants peuvent offrir leurs enfants à Dieu en sacri­fice vivant de reconnaissance, tout comme ils s’offrent eux-mêmes à Dieu pour le servir. Le Seigneur notre Dieu nous exhorte par le biais de l’apôtre Paul à nous offrir nous-mêmes comme un sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu, ce qui sera de votre part un culte raisonnable. Ne vous conformez pas au monde présent, mais soyez transformés par le renouvellement de l’intelligence, afin que vous discerniez quelle est la vo­lonté de Dieu: ce qui est bon, agré­able et parfait. (Romains 12:1-2, voir 1 Pierre 2:5).

Offrir des sacrifices vivants – vivants pour Dieu -, voilà le défi que nous avons reçu en ce qui concerne nos enfants, au cœur même de la culture de mort et de faillite morale néopaïenne dans laquelle nous vivons. Nous pouvons chercher à élever nos enfants dans la crainte du Seigneur en les offrant à Celui qui donne la vie, aussi bien la vie présente que la vie éternelle. Quel merveilleux privilège rehaussant la vie!

 

Traduit et réimprimé avec permission, Cornelis Van Dam, “Child Sacrifice”, Clarion, Vol. 61, No. 12, 8 juin 2012, p. 302-304. L’auteur, à la retraite, était professeur d’Ancien Testament au Canadian Reformed Theological Seminary (Séminaire théologique réformé canadien) à Hamilton dans l’Ontario.

 

Eric Kayayan
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