LIRE LA BIBLE DE MANIÈRE LITTÉRALE OU NON?

Faut-il lire la Bible de manière littérale ou non? Voilà une question à laquelle on répond le plus souvent par la négative.  Lire la Bible de manière littérale, insiste-t-on, n’aboutit qu’à dériver vers un dangereux fondamentalisme. Il faut éviter cela à tout prix de peur de tomber dans le sectarisme et risquer de perdre tout sens critique.

En fait, la question est très mal posée, de manière totalement simpliste, et dès le départ elle fausse le vrai débat.  Pourquoi cela?  Tout simplement parce qu’on trouve dans la Bible des genres littéraires très différents qui demandent chacun à être lus en respectant leur nature propre.

On y trouve par exemple des paraboles, comme celles que Jésus a racontées à son auditoire, dont on sait très bien qu’elles sont racontées pour illustrer un point d’enseignement précis.  Même un enfant comprend cela.  Il y a des passages poétiques qui sont des chants de louange ou des prières (par exemple les psaumes) et qui doivent être lus et compris avec cette intention.  Prenez par exemple le psaume 23:  L’Éternel est mon berger, je ne manquerai de rien.  Il me fait reposer dans de verts pâturages, il me dirige près des eaux paisibles.  Il restaure mon âme, il me conduit dans les sentiers de la justice, à cause de son nom.  Cette poésie repose sur l’analogie, voire la métaphore, entre Dieu et un berger qui guide son troupeau de manière sûre, l’amenant dans des lieux calmes où il peut se restaurer.  On n’a pas besoin d’avoir fait de grandes études littéraires pour saisir cette analogie.  Le point important à saisir, c’est que Dieu prend soin de ceux qui mettent leur confiance en lui, et mettre sa confiance en lui c’est faire le bon investissement pour sa vie.  Quel sens cela aurait-il de dire: “Il ne faut pas lire ça de manière littérale”?  Au pire, cela signifierait: “Ne croyez pas en ces balivernes, il n’existe pas de Dieu et encore moins d’un Dieu qui prend soin de ses créatures”.  Mais de quel droit un tel jugement devrait-il me prescrire comment je dois, moi, lire la Bible et la comprendre?

Il y a dans la Bible bien d’autres genres, des prophéties, des lois.  Prenez le sixième commandement: Tu ne commettras pas de meurtre. J’imagine qu’il ne viendrait à personne l’idée de déclarer: Il ne faut surtout pas lire cela de manière littérale.  Bien sûr qu’il faut prendre ce commandement de manière littérale, tout simplement parce qu’il ne se donne pas à lire comme une parabole ou un poème!  Il en va de même des parties historiques de la Bible.  Prenons le début du second chapitre de l’évangile selon Luc, qui commence le récit de la naissance de Jésus-Christ (2:1-3): En ce temps-là, l’empereur Auguste publia un édit qui ordonnait le recensement de tous les habitants de l’empire.  Ce recensement, le premier du genre, eut lieu à l’époque où Quirinius était gouverneur de la province de Syrie. Tous allaient se faire recenser, chacun dans sa ville.  Il est évident que Luc fournit ici à ses lecteurs des indications historiques relatives aux circonstances de la naissance de Jésus, il en précise l’époque  au moyen d’un événement historique particulier, un recensement ordonné par le premier empereur romain, alors qu’un tel était gouverneur de la province romaine dont dépendait la Judée d’alors.  Vous pouvez vous demander, à l’aide d’autres éléments historiques connus, à quelle date ce recensement a eu lieu, et si Luc nous donne une indication historique fiable, mais vous ne pouvez pas douter que son intention est de placer le récit de la naissance de Jésus dans un cadre historique, et non mythologique ou poétique.  Là aussi vous ferez une lecture littérale du texte, tel qu’il se donne à lire. En revanche, vouloir l’interpréter comme un poème, une prophétie ou un commandement aboutirait à effectuer un contresens monumental.

Le plus important, dans tout cela, est de comprendre que quel que soit le genre littéraire employé, la Bible demande toujours de ses lecteurs une lecture en relation avec Dieu dans le fil de ce tout qu’elle nous rapporte, une lecture qui prend en compte le fil conducteur de ce que Dieu nous transmet.   Or, ce fil conducteur aboutit à Jésus-Christ.  Manquer le Christ, c’est manquer totalement ce qui fait l’unité de ce livre extraordinaire rédigé au cours de plus de dix siècles. C’est tout simplement passer à côté de son point focal.  Ceux qui au contraire ont rencontré Jésus-Christ, n’ont quant à eux jamais eu à le regretter !

Pour comprendre la Bible dans son ensemble, il faut se laisser fournir par elle-même la ou les clés qui permettront d’en saisir l’unité, la cohésion du message total.  Car si beaucoup de gens s’intéressent à la Bible, et se proposent d’en présenter aux autres tel ou tel aspect (on parle facilement, de nos jours, de “décryptage”) on aboutit souvent, dans toutes ces explications, à une fragmentation du message parce que les clés de compréhension proposées viennent non pas de la Bible elle-même, mais d’autres motifs, d’autres sources. Et cela mène davantage à une incompréhension grandissante qu’à une saisie d’ensemble de sa portée.  Il est frappant d’ailleurs de noter que le mot “Bible” signifie en grec “livre” au singulier, alors qu’on a affaire en fait à une bibliothèque de livres, contenus dans ses deux grandes parties: L’Ancien et le Nouveau Testament.

Or, la clé qui permet de saisir le message d’ensemble, c’est justement celle qui relie ces deux grandes parties, qui permet de passer de l’une à l’autre.  Cette clé, Jésus-Christ nous la fournit lui-même dans le Sermon sur la Montagne, au début de l’évangile selon Matthieu, lorsqu’il déclare à ses auditeurs (5:17): Ne vous imaginez pas que je sois venu pour abolir ce qui est écrit dans la Loi ou les Prophètes; je ne suis pas venu pour abolir, mais pour accomplir.  Jésus concentre donc dans sa personne et dans l’oeuvre qu’il est venu parachever, le lien entre tout ce qui a été dit auparavant dans les écrits sacrés des Juifs, connus comme la Loi et les prophètes.  Il est venu pour accomplir ce qui attendait une réponse ultime de Dieu.  Tout ce que les prophètes au cours des siècles avaient annoncé, la présence de Dieu au milieu de son peuple, la réconciliation entre le Dieu saint et parfait et une humanité en pleine rébellion et perdition, trouve son aboutissement en Jésus-Christ, l’envoyé de Dieu pour cet accomplissement.  Dieu instaure une nouvelle Alliance avec son peuple, scellée par le sang du Christ  sur la Croix.  Quelle est d’ailleurs la dernière parole de Jésus sur la Croix, dans l’évangile de Jean (19:30)?  C’est justement: Tout est accompli.  On ne peut être plus clair.  Dans l’évangile selon Luc, Jésus parle à ses disciples déboussolés et à moitié incrédules après sa résurrection.  Il leur dit: Voici ce que je vous ai dit quand j’étais encore avec vous: Il faut que s’accomplisse tout ce qui est écrit de moi dans la Loi de Moïse, dans les prophètes et dans les Psaumes.  Là-dessus, il leur ouvrit l’intelligence pour qu’ils comprennent les Écritures.  Vous voyez, leur dit-il, les Écritures enseignent que le Messie doit souffrir, qu’il ressuscitera le troisième jour, et qu’on annoncera de sa part aux hommes de toutes les nations, en commençant par Jérusalem, qu’ils doivent changer pour obtenir le pardon des péchés. 

A partir de la clé de lecture de la Bible que Jésus-Christ fournit lui-même, il devient possible de jeter progressivement la lumière sur toutes les parties de la Bible, et de saisir peu à peu la portée de ses recoins apparemment les plus difficiles à recadrer dans l’ensemble. C’est une étude exaltante qu’on ne regrette jamais d’avoir entrepris!  Vous dépasserez rapidement le stade des ignorants qui se demandent s’il faut lire la Bible littéralement ou pas, pour parvenir progressivement à une compréhension spirituelle  toujours plus avancée, quel que soit le genre littéraire qui se trouve dans tel ou tel passage de la Bible: une compréhension spirituelle qui enrichira votre vie et lui donnera en retour tout son sens et toute sa portée.

Puisque nous parlons de clé de compréhension, un des passages-clés dans la Bible a cet égard est le tout début de l’Évangile selon Jean:  Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu.  Elle était au commencement avec Dieu.  Tout a été fait par elle, et rien de ce qui a été fait n’a été fait sans elle.  En elle était la vie, et la vie était la lumière des hommes.  La lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont pas accueillie.   Ces paroles apparemment toutes simples ont une étendue et une profondeur telles qu’on a en fait du mal à en épuiser la signification. Bien sûr il faudrait lire la suite pour mieux en mesurer la portée.  Mais rien qu’avec ces quelques phrases nous trouvons un message d’une portée universelle, sans distinction d’époque ou de contexte particulier.  Où trouver la vraie vie, où trouver la lumière qui peut nous guider vers des horizons véritablement libérateurs?  Voilà une question, il faudrait dire la question fondamentale de l’existence humaine, n’est-ce pas?  Depuis les origines, l’homme cherche à se connaître lui-même par tous les moyens que lui fournissent son intelligence et sa perspicacité.  Mais force est de constater que plus il en apprend sur lui-même par ses propres moyens, plus il devient pessimiste sur son sort, sur sa capacité à gérer son existence de manière optimale.  Connaissance accrue rime avec davantage de doute, avec absence de sérénité et insécurité profonde.  Pourquoi cela?  Ses connaissances scientifiques ne valent-elles donc rien?  Même s’il y a de nombreux tâtonnements, des retours en arrière, des hypothèses qui semblent acquises puis se trouvent remises en question, on ne peut pas dire qu’on n’ait pas progressé dans la connaissance de nombreux aspects de l’existence humaine, ou dans celle de l’univers.  Mais de progrès moral, spirituel, de paix intérieure, d’amour généralisé, cela il n’en est guère question.  Ce serait même plutôt le contraire.  Les événements du 20 siècles l’auront bien prouvé…  L’Évangile selon Jean, quant à lui,  nous dit que la lumière des hommes est à rechercher non pas en eux-mêmes, par leurs propres moyens, mais en dehors d’eux-mêmes, en une Parole créatrice d’origine éternelle qui est venue habiter parmi les hommes. C’est elle et elle seule qui peut donner un sens complet à nos vies désemparées.

Voici ce qu’écrit encore l’Évangéliste Jean au sujet de cette Parole éternelle: Elle est venue chez les siens, et les siens ne l’ont pas reçue; mais à tous ceux qui l’ont reçue, elle a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu, à ceux qui croient en son nom et qui sont nés, non du sang, ni de la volonté de l’homme, mais de Dieu.  Celui qui est la Parole est devenu homme et il a vécu parmi nous.  Nous avons contemplé sa gloire, la gloire du Fils unique envoyé par son Père: plénitude de grâce et de vérité. Etre né non “du sang, ni de la volonté de l’homme, mais de Dieu”: cela ne veut bien sûr pas dire que ceux qui sont appelés à devenir enfants de Dieu ne sont pas nés naturellement, comme tout un chacun; mais simplement que cette naissance naturelle n’est pas suffisante pour avoir accès à l’adoption comme enfants de Dieu. Une autre naissance, spirituelle cette fois, est nécessaire. Il faut être né de nouveau en Jésus-Christ, la Parole divine éternelle qui s’est faite homme, qui s’est incarnée dans l’histoire humaine; il faut être greffé en lui par la foi, par la confiance qu’il est bien la source parfaite de la vie, afin de vivre de sa vie qui est aussi la lumière des hommes.  La Parole éternelle qui a été faite un homme nous invite à l’embrasser par la foi.  Jésus-Christ, la clé de compréhension de toute la Bible, nous assure que quiconque vient vers lui, ne sera ni rejeté, ni déçu…

Eric Kayayan
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