LA TERRE JOUIRA DE SON REPOS 2

Rébellion, destruction et restauration selon

Lévitique 26, 2 Chroniques 36, Jérémie 25 &34

Dans le second volet de cet article sur le nécessaire repos de la terre, je reprends les éléments présentés dans le premier volet (ici) en les complétant par d’autres textes de l’Ancien Testament, notamment Lévitique 25 : 1-7 et Jérémie 34 : 8-20, ce dernier exposant la nature et l’ampleur de la désobéissance du peuple de Juda aux prescriptions de la Loi sur la libération des esclaves, et le jugement divin qui suivit cette désobéissance.

Afin de comprendre l’arrière-plan de cette question du repos de la terre, il nous faut reprendre le livre du Lévitique, avec la prescription suivante donnée par l’intermédiaire de Moïse :

Lévitique 25 :1-7 :

Dis aux Israélites : Quand vous serez entrés dans le pays que je vais vous donner, la terre elle-même se reposera ; pour l’Eternel, vous la laisserez se reposer.  Pendant six ans, tu ensemenceras ton champ, et pendant six ans tu tailleras ta vigne et tu en récolteras les produits.  Mais la septième année sera un sabbat, une année de repos pour la terre, on la laissera se reposer en l’honneur de l’Eternel ; tu n’ensemenceras pas ton champ et tu ne tailleras pas ta vigne.  Tu ne moissonneras pas ce qui poussera tout seul de ta moisson précédente, et tu ne vendangeras pas les raisins de la vigne non taillée, afin de donner une année de repos à la terre.  Vous vous nourrirez de ce que la terre produira pendant son temps de repos, toi, ton serviteur, ta servante, ton ouvrier journalier et les étrangers résidant chez vous, ainsi que ton bétail et les animaux sauvages qui vivent dans ton pays : tout produit des terres leur servira de nourriture.

Or un incident social et religieux très grave, en rapport avec les prescriptions sur le sabbat, s’est déroulé vers la fin du règne du roi Sédécias, celui-là même qui se trouvait sur le trône de Juda au moment de la prise de Jérusalem par Nabuchodonosor.  Le livre de Jérémie nous le rapporte et il faut le lire afin de comprendre quelle a été l’étendue de la violation du principe du sabbat tel qu’on le trouve énoncé dans le livre de l’Exode et celui du Lévitique.

Rappelons-nous que tous les sept ans les habitants du pays qui s’étaient volontairement vendus comme esclaves à leurs compatriotes pour racheter leurs dettes ou pour toute autre raison économique, devaient être renvoyés libres chez eux, munis de dons offerts par leurs ex-maîtres.  Or, du temps du roi Sédécias, cette règle n’était plus en vigueur, occasionnant un système généralisé d’oppression sociale.  Mais entre-temps, Nabuchodonosor avait mis le siège devant la capitale Jérusalem et l’angoisse avait saisi le roi…

Jérémie 34, versets 8-20 :

Le roi Sédécias avait conclu une alliance avec toute la population de Jérusalem pour que l’on publie la libération de tous les esclaves.  Chacun devait affranchir ses esclaves hébreux, hommes ou femmes, en sorte que personne ne retienne plus son compatriote judéen comme esclave.  Tous les dirigeants et toute la population avaient conclu cette alliance et s’étaient engagés à libérer chacun son esclave, homme ou femme, pour ne plus les retenir dans la servitude.  Ils avaient tenu parole et avaient libéré leurs esclaves.  Mais par la suite ils revinrent sur leur décision et reprirent leurs anciens esclaves, hommes et femmes, qu’ils avaient affranchis, pour les soumettre de nouveau à la servitude.  C’est alors que l’Eternel adressa la parole à Jérémie en ces termes : Voici ce que déclare l’Eternel, le Dieu d’Israël : j’avais moi-même conclu une alliance avec vos ancêtres quand je les ai fait sortir d’Egypte, du pays où ils étaient esclaves, en leur disant : “Au bout de sept ans, chacun de vous laissera partir libre son compatriote israélite qui se sera vendu à lui comme esclave.  Celui-ci servira pendant six ans, et la septième année vous l’affranchirez.” 

Mais vos ancêtres ne m’ont pas obéi, ils n’ont pas prêté attention à mes paroles.  Or vous- mêmes, vous avez changé de conduite et vous avez fait ce que je considère comme juste en annonçant chacun la libération de son prochain.  Vous avez pris des engagements à ce sujet, devant moi, dans le Temple qui m’appartient. 

Mais ensuite, vous êtes revenus sur votre parole et vous m’avez déshonoré, car chacun de vous a repris ses anciens esclaves, hommes et femmes, que vous aviez affranchis, et à qui vous aviez permis de disposer d’eux-mêmes à leur gré ; vous les avez forcés à redevenir vos esclaves et vos servantes.  C’est pourquoi, voici ce que déclare l’Eternel : Puisque vous ne m’avez pas obéi en libérant chacun son compatriote et son prochain, eh bien moi, je vais vous libérer – l’Eternel le déclare – pour l’épée, la peste et la famine, et vous inspirerez l’effroi à tous les royaumes de la terre.  Je livrerai ces hommes qui ont conclu une alliance que j’ai ratifiée.  Car vous n’avez pas tenu les engagements que vous aviez pris lorsque vous avez conclu cette alliance devant moi en coupant un veau en deux et en passant entre les deux moitiés.  Vous, les dirigeants de Juda et de Jérusalem, les officiers de la cour, les prêtres et tous les gens du pays qui êtes passés entre les deux moitiés de veau, je vous livrerai à vos ennemis et à ceux qui en veulent à votre vie, et vos cadavres serviront de pâture aux rapaces et aux animaux sauvages.

Que s’était-il donc passé pour que les riches habitants de Juda reviennent sur leur parole après avoir solennellement libéré leurs compatriotes esclaves ?  Ils avaient conclu une alliance avec le roi dans le Temple de l’Eternel, donc devant Lui. Comme c’était la coutume symbolique dans ce genre d’alliance, on avait tué un animal, un veau, et on l’avait coupé en deux parties : les parties contractantes étaient passées entre les deux parties, signe de la malédiction qu’elles appelaient sur elles si elles désobéissaient à leur voeu et à cette alliance : qu’elles connaissent alors le sort réservé à cet animal, qu’elles soient tuées et dépecées !

Or tout semble indiquer que la panique qui les avait fait agir de la sorte suite au début du siège de Jérusalem par Nabuchodonosor, s’était dissipée en raison de l’avancée de l’armée égyptienne qu’on pensait être venue à la rescousse pour délivrer le petit royaume de Juda. Nabuchodonosor avait momentanément levé le siège de la ville. Ses riches habitants ne s’étaient alors plus sentis liés par leur engagement maintenant que le danger semblait écarté.  Ils avaient alors forcé ceux-là mêmes qu’ils avaient libérés dans le cadre d’une alliance solennelle, à retourner sous le joug de leur condition sociale servile.  Un tel parjure montrait bien que ce n’est nullement animés par un esprit sincère de repentance et de retour à l’Eternel et à sa Loi qu’ils avaient agi, mais bien plutôt par un esprit honteux de marchandage avec le Dieu qui avait libéré leurs ancêtres de l’esclavage lorsqu’il les avait fait sortir d’Egypte.

La réponse de l’Eternel, communiquée par la bouche du prophète Jérémie, allait les atteindre radicalement : ils seraient tous emmenés en captivité à Babylone, rendus eux-mêmes esclaves. Seuls les plus pauvres pourraient rester pour cultiver quelques terres, et le reste du pays jouirait du repos qu’on lui avait tant dénié.

Le troisième et dernier volet de cet article sur le thème du nécessaire repos de la terre tel qu’un certain nombre de textes de l’Ancien Testament le prescrivent, tout en énonçant et décrivant le jugement divin qui s’abat sur ceux qui méprisent ces prescriptions, aura pour but d’initier une réflexion de nature spirituelle (c’est-à-dire conforme à l’Esprit de Dieu, donc à sa Parole) sur les applications qu’on doit et peut donner aujourd’hui à ces prescriptions en tenant compte de notre propre contexte.

Eric Kayayan
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